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Le Bien Heureux · Belgique
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Mardi 3 novembre 2026 Édition du soir Numéro LXIX
IA, encore! · Au creux de l’après-midi · ≈ 4 min de lecture

PostgreSQL croule sous les vrais bugs trouvés par l’IA : « Comment allons-nous rattraper notre retard ? »

Robert Haas, pilier de PostgreSQL, chiffre l'effet des bugs trouvés par l'IA : 61 % de correctifs en plus et des nouveautés sacrifiées. Sortie le 19 novembre.

Deux bénévoles en tee-shirt PostgreSQL, assis derrière des ordinateurs portables sur un stand associatif d'un salon informatique.
Le stand de la communauté PostgreSQL au Paris Open Source Summit, en novembre 2015. © Oliver H / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Imaginez un relecteur infatigable qui pose sur votre bureau, tous les jours, une pile de vraies erreurs dans un texte que vous pensiez propre depuis trente ans. Il a raison à chaque fois. Et vous n’avez plus une minute pour écrire la suite.

C’est, en résumé, ce que vit l’équipe de PostgreSQL, l’une des bases de données libres les plus utilisées au monde. Pourquoi on en parle ? Parce que beaucoup de sites, d’applis et de services que vous utilisez reposent sur elle, et parce que c’est un cas d’école : l’IA trouve des failles plus vite que les humains ne les réparent (on en avait parlé : l’envolée des failles et des correctifs).

« Les LLM sont arrivés »

Dans un billet du 30 octobre, titré « Postgres 19 est en retard, et c’est la faute de l’IA », Robert Haas, l’un des principaux contributeurs du projet, explique le retard de la version 19, repoussée au 19 novembre (on en a aussi déjà parlé : PostgreSQL 19 repoussé à novembre). Sa réponse courte : les modèles de langage sont arrivés.

Ces outils déterrent des bugs que des décennies de relecture humaine n’avaient pas vus. Mais chaque correctif doit encore être compris, validé et intégré par des humains. Peter Eisentraut, de l’équipe dirigeante, évoquait une liste d’une quarantaine de rapports, réglés chacun en trois lignes en moyenne, mais qui réclament tous du temps.

Le chiffre qui trahit l’embouteillage

Robert Haas compare la même période, du 8 avril au 25 septembre, en 2025 et en 2026. Les modifications de la branche principale, là où naissent les nouveautés, ont même légèrement baissé. Ce sont les correctifs reportés sur les versions stables qui s’envolent.

Correctifs reportés vers20252026
la version en préparation7241 169 (+61 %)
la version déjà en service248433 (+75 %)
Commits du 8 avril au 25 septembre, selon Robert Haas.

Les failles de sécurité suivent la même pente : la mise à jour du 13 août en a corrigé 28, contre 11 en mai, relève Numerama. Aucun de ces chiffres ne dit combien viennent d’une IA, mais Robert Haas attribue surtout la hausse aux signalements de personnes équipées de LLM.

Pas du bruit : de vrais bugs

Jusqu’ici, l’open source se plaignait surtout des faux rapports produits par IA : le projet curl a supprimé ses primes aux bugs en janvier, Linus Torvalds a fustigé les doublons en mai, et Google a suspendu le 1er octobre les nouvelles soumissions à son programme de récompenses open source. Le cas PostgreSQL est l’inverse : les bugs sont réels, et c’est leur nombre qui étouffe le projet.

Les nouveautés en font les frais : plusieurs fonctions attendues dans la version 19, dont l’interrogation de données sous forme de graphes, ont été retirées. Et Robert Haas d’avouer : « Comment allons-nous rattraper notre retard, et comment PostgreSQL continuera-t-il à innover ? Pour l’instant, je ne sais pas. »

Et pour vous, concrètement ?

Si vous gérez une base PostgreSQL, notez le 12 novembre : une mise à jour riche en correctifs est annoncée, avec une dernière version de test de la 19, avant la sortie finale le 19 novembre si tout va bien. Installez ces mises à jour mineures, elles bouchent des failles bien réelles.

Pour tous les autres, retenez ceci : quand l’IA trouve plus vite qu’on ne répare, le goulot, ce sont les bénévoles et les salariés qui entretiennent les logiciels libres. Plus de bugs trouvés, c’est une bonne nouvelle, à condition que quelqu’un ait le temps de les corriger.

En bref

  • Robert Haas attribue le retard de PostgreSQL 19, attendu le 19 novembre 2026, à l’afflux de vrais bugs trouvés grâce aux LLM.
  • Les correctifs reportés vers la version en préparation passent de 724 à 1 169 sur la même période (+61 %), ceux vers la version en service de 248 à 433 (+75 %).
  • Plusieurs nouveautés de la version 19 ont été retirées faute de temps.
  • Une mise à jour riche en correctifs est prévue le 12 novembre.

Sources : Robert Haas, « Postgres 19 is late, and it’s AI’s fault », Numerama.

Cet article…

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