Des agents d'IA savent désormais ouvrir un logiciel sans son code source, comprendre son fonctionnement et en écrire une copie. Ce dossier suit ces outils, leurs résultats réels, leurs limites et ce que le droit européen en dit.
Où en est-on
- Avril 2026 : REA (Reverse Engineer Anything) est publié sous licence libre MIT. Il relie Claude Code, Codex, Cursor ou Gemini CLI aux désassembleurs Ghidra, Hopper ou IDA.
- 20 octobre 2026 : des bidouilleurs confient à Claude Code le nettoyage du logiciel de leur TV Android (pubs et pistage).
- 22 octobre 2026 : Shubham Sharma refait une appli Mac en 10 minutes avec REA, en 8 minutes sans, pour un résultat proche.
- 26 octobre 2026 : le dépôt de REA affiche plus de 385 000 étoiles ; son paquet npm a été téléchargé 634 318 fois du 23 septembre au 22 octobre.
- Droit européen : observer et tester une appli est permis ; la décompiler n'est permis que pour l'interopérabilité ou, selon la Cour de justice de l'UE (Top System, 2021), pour corriger une erreur.
- Limite technique : le code qui tourne sur les serveurs des éditeurs reste hors de portée.
Les questions ouvertes
- Ces compteurs reflètent-ils un usage réel, ou un simple effet de mode ?
- Un éditeur attaquera-t-il en justice, en Europe, une copie obtenue par décompilation assistée par IA ?
- Que disent les conditions d'utilisation des agents d'IA de cet usage ?
- Les éditeurs vont-ils déplacer davantage de code vers leurs serveurs, ou brouiller leurs binaires, pour s'en protéger ?
- Le prix des petits utilitaires payants va-t-il en pâtir ?
État des lieux mis à jour le 26 octobre 2026