Un robot suspendu au plafond pour ramasser le bazar : Stringman sort la pince, mais pas encore de la maison
Une pince pendue à quatre fils traverse la pièce pour attraper des objets. Le projet est ouvert, local, et son fabricant admet qu'il n'est pas encore fiable.

La chaussette sous le canapé, la couverture qui traîne au milieu du salon, le jouet qui finit toujours au milieu du couloir. Pour ranger, l’industrie imagine volontiers un robot humanoïde qui se penche et ramasse. Neufangled Robotics a pris le problème par le haut : une pince accrochée au plafond par des fils.
Pourquoi on en parle ? Parce que Stringman montre une autre voie que les robots sur pattes, avec un mécanisme qu’on comprend en le regardant. Et parce que son fabricant, fait rare, écrit noir sur blanc ce que son appareil ne sait pas encore faire.
Une marionnette à quatre fils
La pince pend à « four thin lines », quatre fils fins, tendus depuis deux ancrages fixés dans des coins opposés de la pièce. Quatre moteurs enroulent et déroulent ces fils : en jouant sur leurs longueurs, la pince se déplace partout dans la pièce, comme une marionnette dont les ficelles seraient tirées par un ordinateur.
C’est le principe des caméras suspendues qui survolent les terrains de football, appliqué au salon. Plus besoin de bras articulé ni de jambes : la structure, ce sont les murs.
| Caractéristique | Valeur annoncée |
|---|---|
| Diagonale de la pièce | 3 à 10 m |
| Hauteur sous plafond | 2,3 à 4 m |
| Charge près du sol | jusqu’à 2,2 kg |
Le cerveau reste à la maison
Trois Raspberry Pi communiquent avec un ordinateur séparé, qui calcule les trajectoires et suit la pince grâce à des caméras et des repères visuels, détaille la documentation. Tout peut tourner « air gapped on your local Wi-Fi network », coupé d’internet sur votre propre réseau, intelligence artificielle comprise. Le service en ligne du fabricant est facultatif.
Le design est publié sous licence Apache 2.0 : n’importe qui peut l’étudier, le modifier et le refaire. Pour ceux qui automatisent déjà leur maison sans passer par le cloud, l’idée parlera (on en avait parlé : Home Assistant et ses automatisations).
Ce que le fabricant avoue
Sur son site, Neufangled montre des usages ménagers : ramasser, ranger, soulever une couverture. Mais sa documentation parle d’un « public prototype », un prototype public, « not yet reliable enough », pas encore assez fiable pour être un appareil ménager.
Il n’évite pas encore les obstacles tout seul (« no automatic obstacle avoidance yet »). Collisions, objets cassés et comportements imprévisibles sont signalés explicitement, l’IA pouvant agir de façon inattendue. Le fabricant demande de garder l’arrêt d’urgence à portée de main.
Il faut aussi une pièce adaptée, des fixations solides dans la structure du bâtiment, du Wi-Fi et un ordinateur. Pas exactement un aspirateur qu’on déballe le samedi matin.
Et pour vous, concrètement ?
Rien à acheter pour l’instant : ni prix livré en Belgique, ni disponibilité, ni test indépendant. Stringman est surtout une idée à suivre. Il montre qu’un robot domestique n’a peut-être pas besoin de ressembler à un humain, qu’il peut fonctionner sans cloud, et que l’honnêteté sur les limites reste possible dans un secteur qui promet beaucoup.
En bref
- Stringman est une pince suspendue à quatre fils, déplacée par quatre moteurs, pour attraper des objets dans une pièce.
- Elle peut fonctionner entièrement en local, et son design est publié sous licence Apache 2.0.
- Son fabricant la présente comme un prototype public, pas encore assez fiable pour un usage ménager.
- Pas d’évitement automatique des obstacles ; ni prix ni disponibilité en Belgique.
Sources : Neufangled Robotics, présentation de Stringman, documentation.
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Le Bien Heureux · Rédaction Capibara · Jeudi 5 novembre 2026