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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Dimanche 18 octobre 2026 Édition du matin Numéro LIII
Pratique · Entre deux cafĂ©s · ≈ 3 min de lecture

Nextcloud : la faille du serveur Collabora intĂ©grĂ© est exploitĂ©e, et dĂ©sactiver l’application ne protège pas

Une faille de l'application Built-in CODE Server de Nextcloud sert à déposer des webshells. La désactiver ne suffit pas : mettez-la à jour ou supprimez-la.

Capture de Nextcloud Office : une présentation ouverte dans l'éditeur Collabora Online, avec ses barres d'outils et la liste des diapositives
Une présentation ouverte dans Nextcloud Office, qui s'appuie sur Collabora Online. © Collabora Productivity Limited, capture Valerio Bozzolan · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Vous hĂ©bergez votre propre Nextcloud et vous Ă©ditez vos documents avec Nextcloud Office ? Si vous utilisez pour cela l’application « Collabora Online – Built-in CODE Server », une faille critique permet d’exĂ©cuter des commandes sur votre serveur sans mot de passe. Collabora l’a corrigĂ©e dans un bulletin du 14 octobre 2026, et des attaquants s’en servent dĂ©jĂ .

Qui est concerné

Pour Ă©viter d’installer un serveur bureautique Ă  part, cette application (nom technique : richdocumentscode) tĂ©lĂ©charge Collabora Online Development Edition et le fait tourner sur le serveur Nextcloud lui-mĂŞme. Ce sont ces installations qui sont visĂ©es. Les serveurs Collabora Online autonomes ne sont pas touchĂ©s.

Comment l’attaque fonctionne

La faille, CVE-2026-110447, est notĂ©e 9,2 sur 10. Elle se trouve dans le script proxy.php, qui dĂ©marre le serveur bureautique quand une requĂŞte arrive et qu’il ne tourne pas. Jusqu’Ă  la version 26.4.302, il glissait une partie de la requĂŞte dans une commande système : un texte de la forme $(...) Ă©tait exĂ©cutĂ© avec les droits du serveur web.

La fenĂŞtre est Ă©troite mais rĂ©elle : redĂ©marrage d’un conteneur, mise Ă  jour ou plantage du serveur bureautique. Surtout, proxy.php est appelĂ© directement par le serveur web : dĂ©sactiver l’application ne bloque pas la faille, prĂ©cise Collabora.

Déjà exploitée

Un signalement publiĂ© sur GitHub dĂ©crit le mĂŞme schĂ©ma sur plusieurs installations indĂ©pendantes : des webshells, de petits fichiers PHP qui exĂ©cutent les commandes reçues, dĂ©posĂ©s dans le dossier de l’application. Sur un serveur, l’attaquant s’en est servi pour chercher des coffres de mots de passe et des portefeuilles de cryptomonnaies. IT-Connect fait remonter les premières attaques au 10 septembre 2026, un mois avant le bulletin.

Ce qu’il faut faire

  • VĂ©rifier la version installĂ©e, depuis le dossier de Nextcloud : sudo -u www-data php occ app:list | grep richdocumentscode
  • Mettre Ă  jour : sudo -u www-data php occ app:update richdocumentscode, ou supprimer l’application si vous ne l’utilisez pas.
  • Chercher des fichiers suspects : ls apps/richdocumentscode/shx*.php

Si un tel fichier existe, la mise Ă  jour ne suffit plus : le serveur a pu exĂ©cuter n’importe quelle commande, il faut le traiter comme compromis et changer les secrets qu’il contient. Le nom du compte du serveur web (ici www-data) varie selon les systèmes. Ces commandes suivent les documents citĂ©s ; elles n’ont pas Ă©tĂ© testĂ©es par le journal.

Nextcloud reste un bon choix pour garder ses fichiers chez soi (on en a parlĂ© ICI). Encore faut-il surveiller les applications qu’on lui greffe.