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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Dimanche 18 octobre 2026 Édition du matin Numéro LIII
Bien expliqué · À l’heure du sandwich · ≈ 3 min de lecture

Fin de la seconde intercalaire le 20 mai 2027 : la prochaine correction attendra des siècles

Les gardiens du temps ont voté le 15 octobre 2026 : dès le 20 mai 2027, plus de seconde intercalaire. UTC pourra s'écarter de la Terre jusqu'à une heure.

Image de la NASA : le disque orange du Soleil sert de cadran d'horloge, aiguilles juste avant midi, sur fond noir
Le Soleil vu par l'observatoire SDO, transformé en horloge par la NASA pour annoncer la seconde intercalaire du 31 décembre 2016. NASA Goddard Space Flight Center, domaine public, via Wikimedia Commons

C’est voté. Le 15 octobre 2026, la Conférence générale des poids et mesures, réunie à Versailles, a décidé que le temps universel coordonné, l’UTC, deviendra continu le 20 mai 2027. Plus de seconde ajoutée ou retirée à la dernière minute de juin ou de décembre. En septembre, le vote n’était encore qu’une proposition (on en a parlé ICI).

Deux horloges qui divergent

L’UTC est l’heure de référence mondiale, celle que diffusent les satellites, les serveurs de temps et, par cascade, votre téléphone. Elle est tenue par des horloges atomiques, d’une régularité parfaite. La rotation de la Terre, elle, varie un peu. Depuis 1972, on raccordait les deux en insérant une seconde quand l’écart menaçait de dépasser 0,9 seconde : 27 fois au total.

Le dernier ajout date du 31 décembre 2016. Depuis le 1er janvier 2017, l’UTC accuse 37 secondes de retard sur le temps atomique international, rappelle le Bulletin C de l’IERS, le service chargé de surveiller la rotation terrestre.

Ce que dit la décision

La résolution 5 fixe deux points. L’UTC continu entre en vigueur le 20 mai 2027. L’écart toléré entre l’UTC et le temps tiré de la rotation de la Terre passe à 3 600 secondes, soit une heure, ce qui garantit la continuité « pour plusieurs siècles », selon le texte.

Le calendrier règle aussi la période de transition. Les secondes intercalaires ne tombent qu’à la fin juin ou à la fin décembre, et l’IERS a annoncé le 6 juillet 2026 qu’il n’y en aurait pas fin décembre 2026. La date suivante, fin juin 2027, tombe après le 20 mai : la seconde de 2016 restera donc la dernière.

Pourquoi maintenant

La résolution cite le risque d’une première seconde intercalaire négative, que la Terre, qui tourne un peu plus vite ces dernières années, rendait plausible. Aucun logiciel n’a jamais vécu de minute à 59 secondes.

Elle pointe aussi le désordre actuel : les grands fournisseurs étalent chacun la seconde à leur façon sur plusieurs heures, si bien que des systèmes affichent des heures légèrement différentes. Des organismes comme l’UIT et des groupes de normalisation avaient demandé d’avancer l’échéance, de peur que certains abandonnent l’UTC au profit de l’heure d’un système satellite.

Et l’heure intercalaire ?

Personne ne la verra. Au rythme actuel, l’écart d’une heure n’est pas près d’être atteint, et la résolution ne dit pas comment il serait rattrapé. Le problème est confié à des générations qui n’ont pas encore de serveurs à redémarrer.

Détail du même jour : une autre résolution lance la définition d’une échelle de temps lunaire internationale, raccordée à l’UTC. La Lune aura bientôt son heure officielle, sans seconde intercalaire non plus.

En bref

  • Le 15 octobre 2026, la Conférence générale des poids et mesures a décidé un UTC continu à partir du 20 mai 2027.
  • L’écart maximal entre l’UTC et la rotation de la Terre passe à une heure.
  • Aucune seconde intercalaire n’est prévue d’ici là : celle du 31 décembre 2016 reste la dernière.
  • Rien à régler pour le public ; les spécialistes du temps, eux, n’auront plus à gérer de minute à 61 secondes.

Sources : BIPM, résolution 5 de la 28e CGPM (15 octobre 2026) ; BIPM, résolutions adoptées ; IERS, Bulletin C 72 (6 juillet 2026)