Les intempéries coûtent déjà 1,7 milliard de dollars par an aux antennes GSM, et le point faible, c’est le courant
La GSMA chiffre ce que le climat coûte aux réseaux mobiles et désigne la coupure d'électricité comme premier danger. En juillet 2021, la Wallonie l'a vécu.

Mi-juillet 2021, dans les vallées de la Vesdre et de l’Ourthe, l’eau a d’abord coupé les routes, puis le courant. Le téléphone a suivi. « La situation est critique pour le réseau fixe mais également au niveau des antennes mobiles », reconnaissait alors un porte-parole de Proximus, cité par La Libre.
Pourquoi on en parle ? Parce que la GSMA, qui fédère les opérateurs mobiles du monde entier, vient de mettre un prix sur ce genre de catastrophe, et d’expliquer ce qui fait vraiment tomber un réseau. Spoiler : ce n’est pas toujours l’antenne.
Le vent, l’eau, la chaleur… et surtout la prise
Le rapport, résumé par The Register, passe les menaces en revue. Les pylônes et les antennes sur les toits craignent le vent et la foudre, les armoires au sol craignent l’eau, la chaleur fait surchauffer les équipements radio et les fortes pluies affaiblissent le signal.
Mais le point faible numéro un, c’est l’électricité. Quand le courant tombe, l’antenne tient tant que ses batteries de secours tiennent : de quelques heures à bien plus, selon le site. Ensuite, plus rien.
| Cause des dégâts | Coût par an |
|---|---|
| Tempêtes | 1 milliard |
| Crues de rivières | 577 millions |
| Submersions côtières | 124 millions |
À l’horizon 2050, la facture dépasserait 3 milliards de dollars par an, les tempêtes représentant à elles seules les trois quarts des dégâts.
Juillet 2021, la démonstration wallonne
Les inondations ont donné un exemple grandeur nature. Le porte-parole de Proximus citait les régions liégeoise et verviétoise, Eupen et Rochefort, et trois obstacles : les coupures d’électricité, l’eau et des installations devenues inaccessibles. Proximus, Orange, Telenet et Voo travaillaient alors avec le centre de crise fédéral et l’IBPT, le régulateur des télécoms.
Ce que demande la GSMA
Aux opérateurs, elle conseille de construire leurs réseaux en tenant compte des scénarios climatiques et de tester leur résistance avec les pouvoirs publics. Aux États, elle demande une coordination entre opérateurs mobiles, fournisseurs d’électricité et de carburant, et services de secours.
Elle plaide aussi pour des règles qui fixent un résultat plutôt que des moyens. Traduction : une fédération d’opérateurs qui demande aux gouvernements de ne pas leur dicter comment faire. Le rapport est aussi un plaidoyer.
Et pour vous, concrètement ?
Si le réseau de votre opérateur tombe, le 112 reste joignable par n’importe quel réseau mobile encore debout, rappelait La Libre en 2021. Gardez aussi un téléphone chargé et une batterie externe quand une alerte météo tombe : c’est le courant, plus que l’antenne, qui décide de la durée de la coupure. À plus long terme, les satellites capables de joindre directement un smartphone pourraient servir de roue de secours (on en avait parlé : Starlink contre AST SpaceMobile).
En bref
- Selon la GSMA, réparer les sites radio abîmés par les tempêtes et les crues coûte déjà environ 1,7 milliard de dollars par an dans le monde.
- La facture pourrait dépasser 3 milliards par an d’ici 2050.
- Le premier point faible est l’alimentation électrique : sans courant, une antenne ne tient que le temps de ses batteries.
- En juillet 2021, Proximus décrivait une situation critique sur les antennes mobiles des régions liégeoise et verviétoise.
- Le 112 passe par n’importe quel réseau mobile disponible.
Sources : The Register, 3 novembre 2026, La Libre, 16 juillet 2021.
Cet article…
Le Bien Heureux · Rédaction Capibara · Mercredi 4 novembre 2026