Douze jours après son lancement, la brosse à dents à 479 € quitte les rayons
Nous la présentions le 1er septembre. Le fabricant suspend la vente et invoque un défaut de composant. Mon avis, qui n’engage que moi, est en fin d’article.

Le 1er septembre, nous présentions la brosse à dents à caméra de Dyson, vendue 479 € en Belgique. Dix jours plus tard, le 11 septembre, le fabricant en suspendait la commercialisation.
Ce que dit le fabricant
La suspension est qualifiée de proactive et temporaire. Motif avancé : un défaut de composant touchant un nombre limité d’appareils issus des premiers lots de production, auquel s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement liées à la montée en cadence. L’entreprise parle d’incident circonscrit, indique communiquer directement avec les clients concernés, et précise qu’il ne s’agit pas d’un rappel. Les revendeurs ont reçu pour instruction d’arrêter les ventes et de rembourser les appareils défectueux qui leur sont rapportés.
Ce que rapportent les utilisateurs
Sur les forums et les réseaux, le tableau est moins policé : des appareils qui cessent de fonctionner après quelques utilisations, des batteries qui chauffent, et surtout une étanchéité insuffisante du logement de la batterie, l’eau parvenant à s’y infiltrer. Pour un objet conçu pour être utilisé sous un robinet, c’est le défaut le moins pardonnable de la liste.
Ce que les faits ne disent pas
Aucun chiffre de vente n’a été publié. On ignore donc combien d’appareils sont partis, et combien sont revenus. Officiellement, il s’agit d’un problème de qualité sur les premiers lots, pas d’un échec commercial, et ces deux choses ne se confondent pas. La suspension est annoncée comme temporaire, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer le contraire, et un retrait décidé par le fabricant avant toute intervention d’une autorité reste le signe d’un système qui fonctionne plutôt que d’un système qui échoue.
Mon avis, et il n’engage que moi
Je le pense quand même. À 479 €, une brosse à dents n’a droit à aucune indulgence. Un appareil à 60 € qui tombe en panne est une déception ; au prix d’un téléphone milieu de gamme, c’est une rupture de contrat. Et le défaut rapporté n’est pas un raffinement mal maîtrisé, c’est l’étanchéité d’un objet de salle de bain, soit la toute première ligne du cahier des charges, celle que l’on valide avant même de se demander si l’on va mettre une caméra dedans.
Nous écrivions le 1er septembre que cet appareil ajoutait surtout une application et des consommables propriétaires. Douze jours plus tard, il ajoute une procédure de remboursement. Le produit reviendra sans doute, corrigé, et il fonctionnera probablement très bien. Mais un objet de luxe technique ne se vend pas sur sa fiche, il se vend sur la confiance qu’il inspire, et celle-ci se reconstruit bien plus lentement qu’un joint d’étanchéité. À ce prix, pour une fonction dont le bénéfice annoncé reposait déjà sur des tests commandés par le fabricant, je ne vois pas ce qui justifierait de s’y risquer une seconde fois.
En bref
- Dyson a suspendu le 11 septembre 2026 la vente de sa brosse à dents à caméra, dix jours après son lancement.
- Le motif officiel est un défaut de composant sur les premiers lots, doublé de difficultés d’approvisionnement.
- Les utilisateurs rapportent des pannes rapides, des batteries qui chauffent et une infiltration d’eau dans le logement de la batterie.
- Il ne s’agit pas d’un rappel : les revendeurs arrêtent les ventes et remboursent les appareils défectueux rapportés.
- L’appareil était vendu 479 € en Belgique. Aucun chiffre de vente n’a été publié.
Sources : communications de Dyson, presse belge et spécialisée du 11 septembre 2026, signalements d’utilisateurs sur forums et réseaux sociaux.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Lundi 14 septembre 2026