Votre opérateur peut fermer votre adresse mail en 45 jours
Un fournisseur dâaccĂšs confie les boĂźtes de ses abonnĂ©s Ă un prestataire tiers. Ceux qui ne font rien perdent leur adresse vieille de 20 ans.

Un fournisseur dâaccĂšs britannique vient dâannoncer quâil se dĂ©barrasse des boĂźtes mail de ses abonnĂ©s. Les adresses en @ntlworld.com, @blueyonder.co.uk, @virgin.net et @virginmedia.com sont transfĂ©rĂ©es Ă un prestataire tiers, Junara, exploitĂ© par lâaustralien Atmail. Les clients ont 45 jours pour se dĂ©cider, et ceux qui ne font rien voient leur compte fermĂ©.
Ce qui change, concrĂštement
Trois options. Accepter le transfert vers le nouveau prestataire, gratuit la premiĂšre annĂ©e pour les clients actuels, payant ensuite. Migrer soi-mĂȘme vers un autre fournisseur de messagerie. Ou ne rien faire, et perdre lâadresse au bout de 45 jours. LâopĂ©rateur justifie la dĂ©cision par une volontĂ© de concentrer ses investissements sur la connectivitĂ©, et son directeur des opĂ©rations avance que les gens prĂ©fĂšrent dĂ©sormais des fournisseurs dĂ©diĂ©s.
Le vrai coĂ»t de lâopĂ©ration
Il ne se mesure pas en euros. Une adresse fournie par un opĂ©rateur, chez ces marques-lĂ , a souvent 20 ans. Elle sert dâidentifiant de connexion Ă des dizaines de comptes, dâadresse de rĂ©cupĂ©ration de mot de passe, et elle figure dans le carnet de contacts de gens quâon ne prĂ©vient pas. La migrer suppose de retrouver tous ces services un par un, ce que personne ne fait complĂštement. Quarante-cinq jours, pour une adresse vieille de deux dĂ©cennies, est un dĂ©lai qui en dit long sur la valeur que lâopĂ©rateur lui accorde.
Le mĂȘme mouvement, deux fois cette semaine
Nous Ă©voquions il y a peu la fermeture des adresses de troisiĂšme niveau en prenom.nom.name (on en a parlĂ© ICI), dĂ©cidĂ©e par un registre au motif que lâusage dĂ©clinait. Le mĂ©canisme est identique : une adresse Ă©lectronique fournie en accessoire dâun autre service, jugĂ©e non rentable, et supprimĂ©e par celui qui la fournissait. Les deux cas rappellent la mĂȘme rĂšgle : une adresse ne sâachĂšte pas, elle se loue, et le bail se termine quand le propriĂ©taire le dĂ©cide.
La leçon pratique, pour vous
Si votre adresse principale se termine par le nom de votre opĂ©rateur, de votre fournisseur dâaccĂšs ou de votre employeur, elle est un jour ou lâautre exposĂ©e Ă ce genre de dĂ©cision. La seule protection rĂ©elle consiste Ă possĂ©der un nom de domaine Ă deux niveaux chez un registrar que lâon peut quitter, et Ă y hĂ©berger sa messagerie chez le prestataire de son choix : le jour oĂč celui-ci dĂ©plaĂźt, on change de prestataire sans changer dâadresse. Cela coĂ»te une quinzaine dâeuros par an. (Ă dĂ©faut, prenez au moins dix minutes pour lister les comptes oĂč figure votre adresse actuelle. Le chiffre surprend toujours ! đ)
Ce que lâannonce ne dit pas
Le nombre dâabonnĂ©s concernĂ©s, dâabord : lâopĂ©rateur ne le communique pas, ce qui empĂȘche de mesurer lâampleur rĂ©elle. Le tarif appliquĂ© aprĂšs la premiĂšre annĂ©e gratuite, ensuite, nâest pas connu, alors que câest prĂ©cisĂ©ment le point qui dĂ©cidera les gens Ă rester ou Ă partir. Enfin, lâargument selon lequel les utilisateurs prĂ©fĂ©reraient des fournisseurs dĂ©diĂ©s est une affirmation de dirigeant, pas une Ă©tude : elle est plausible pour les usagers les plus Ă lâaise, beaucoup moins pour ceux qui utilisent la mĂȘme adresse depuis 2005 prĂ©cisĂ©ment parce quâils nâont jamais eu Ă y penser.
En bref
- Les adresses en @ntlworld.com, @blueyonder.co.uk, @virgin.net et @virginmedia.com sont transférées à un prestataire tiers.
- Le service est repris par Junara, exploitĂ© par lâaustralien Atmail.
- Les abonnés ont 45 jours pour accepter, migrer ailleurs ou fermer leur compte.
- PremiÚre année gratuite pour les clients actuels, tarif inconnu ensuite.
- Les comptes des personnes qui ne font rien seront fermĂ©s Ă lâissue des 45 jours.
- Le nombre dâabonnĂ©s concernĂ©s nâest pas communiquĂ©.
Sources : communication de lâopĂ©rateur et dĂ©clarations de sa direction des opĂ©rations, The Register.
Cet articleâŠ
Le Bien Heureux · RĂ©daction Capibara · Jeudi 10 septembre 2026