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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Dimanche 25 octobre 2026 Édition du matin NumĂ©ro LX
Bien expliquĂ© · À l’heure du sandwich · ≈ 2 min de lecture

Le verre, pas le transistor : pourquoi la Chine a quinze ans de retard sur les puces

Frank Rohmund, patron des semiconducteurs chez Zeiss, estime à quinze ans le retard chinois sur la lithographie EUV. Le verrou est optique, pas électronique.

Un wafer de silicium de 300 millimÚtres, support sur lequel les puces sont gravées
© Peellden · CC BY-SA 3.0

Quinze ans. C’est le retard que Frank Rohmund, responsable de la division semiconducteurs de Zeiss, attribue Ă  la Chine sur la lithographie EUV. Il prĂ©cise lui-mĂȘme que le chiffre est « raisonnable » plutĂŽt que mesurĂ©, et que les progrĂšs chinois se laissent mal observer.

Zeiss n’est pas un commentateur extĂ©rieur. L’entreprise allemande est le fournisseur exclusif des optiques qui Ă©quipent les machines EUV d’ASML, et affirme que ses composants entrent dans la fabrication d’environ 80 % des puces du monde. ASML a investi un milliard d’euros pour en prendre une part minoritaire en 2017.

Le verrou n’est pas lĂ  oĂč on le cherche

On parle beaucoup de gravure et de nanomùtres. L’obstacle est ailleurs : dans les miroirs.

L’ultraviolet extrĂȘme travaille Ă  une longueur d’onde que le verre absorbe. Les lentilles deviennent inutilisables, il faut donc des miroirs, polis Ă  une prĂ©cision de l’ordre de l’atome et empilĂ©s en dizaines de couches. C’est ce savoir-faire optique, accumulĂ© sur des dĂ©cennies, qu’aucun financement ne fabrique en trois ans. (On peut acheter une usine. Un tour de main, non!)

Mais… Ouais, il y a un gros mais!

Rohmund vend des optiques. Son estimation sert aussi Ă  rappeler la valeur de ce que sa division produit…, et il reconnaĂźt lui-mĂȘme l’incertitude de la mesure. Quinze ans est un ordre de grandeur, absolument pas un calendrier.

Le contexte, lui, est net : Washington interdit à ASML de livrer ses machines les plus avancées à Pékin, et cette contrainte pousse précisément la Chine à tout reconstruire seule.

En bref : la Chine ne bute pas sur un plan de financement, elle bute sur un miroir. Ça se rattrape nettement moins vite qu’une usine


Sources : Bloomberg et Business Standard.

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