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Le Bien Heureux · Belgique
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Samedi 31 octobre 2026 Édition du matin Numéro LXVI
Bien expliqué · Pendant que vous dormiez · ≈ 4 min de lecture

Hubble tombera vers 2033 : la NASA cherche qui peut le sauver avant 2032

Sans moteur, Hubble perd de l'altitude. La NASA demande aux entreprises de le remonter, de le réparer ou de le faire tomber proprement. Réponses le 30 novembre.

Le télescope spatial Hubble, cylindre argenté aux deux panneaux solaires déployés, flotte sur le fond noir de l'espace
Hubble photographié depuis la navette Atlantis le 19 mai 2009, à la fin de la cinquième et dernière mission de maintenance. Aucun vaisseau ne s'en est approché depuis. NASA, domaine public, via Wikimedia Commons.

Le 19 mai 2009, les astronautes de la navette Atlantis lâchent Hubble après l’avoir réparé une dernière fois. Depuis, personne n’est retourné le voir. Et le plus célèbre télescope du monde descend, lentement mais sûrement, vers l’atmosphère.

Le jeudi 29 octobre 2026, la NASA a lancé un appel à informations auprès des entreprises spatiales : qui peut aller chercher Hubble, le remonter, l’améliorer ou, à défaut, le faire retomber proprement ? Les réponses sont attendues jusqu’au lundi 30 novembre, à 15 h, heure de la côte est américaine (21 h en Belgique), selon l’annonce de l’agence.

Un télescope sans moteur qui frotte contre l’air

Hubble n’a pas de moteur. À 470 km d’altitude, il reste assez d’atmosphère, même ténue, pour le freiner un peu à chaque tour de la Terre. Chaque freinage le fait descendre, et plus il descend, plus l’air est dense. La pente s’accélère.

Le Soleil s’en mêle : quand son activité est forte, il chauffe et gonfle la haute atmosphère, qui freine davantage les satellites. En 2002, la navette Columbia l’avait remonté à 583 km ; 24 ans plus tard, il a perdu plus de 110 km, rappelle Ars Technica. Sans intervention, la NASA prévoit sa rentrée dans l’atmosphère en 2033 ou 2034, une date qui bouge avec l’activité solaire.

Ce que la NASA demande

Trois pistes sont ouvertes : remonter Hubble pour prolonger sa vie scientifique, le réparer pour améliorer ses capacités, ou organiser une rentrée contrôlée au-dessus d’un océan, pour éviter que des débris ne tombent n’importe où. Selon Ars Technica, l’appel vise une altitude d’au moins 600 km, de quoi gagner au moins 25 ans, et une mission au plus tard en 2032. L’entreprise retenue fournirait tout : fusée, vaisseau de service, opérations et, « le cas échéant », équipage.

Rien n’est acheté pour autant. La NASA veut savoir qui en est capable, à quel prix et dans quels délais, avant un éventuel appel d’offres. Aucun budget n’est réservé à ce stade.

Le milliardaire qui voulait le sauver dirige la NASA

L’histoire a un air de déjà-vu. En 2022, le milliardaire et astronaute privé Jared Isaacman avait proposé une mission habitée à bord d’un vaisseau Dragon de SpaceX, qu’il aurait en grande partie financée, pour remonter Hubble d’au moins 50 km. La NASA avait aussi sondé l’industrie, et reçu huit réponses. Rien n’a décollé : en 2024, le responsable de l’astrophysique à la NASA, Mark Clampin, parlait de « simples concepts théoriques ».

Entre-temps, Jared Isaacman est devenu administrateur de la NASA. « Hubble a encore une science importante devant lui », dit-il dans l’annonce, et l’agence doit explorer « toute solution innovante et économique » pour prolonger un instrument déjà en orbite. Une mission avec équipage paraît pourtant peu probable : SpaceX prévoit de retirer ses Crew Dragon vers 2030. Lui-même s’attend surtout à intéresser les entreprises de robotique spatiale.

La leçon de Swift

La NASA a déjà tenté le coup, en plus petit. Pour sauver Swift, un télescope spatial voué lui aussi à retomber, elle a confié 30 millions de dollars et neuf mois à la jeune entreprise Katalyst Space Technologies. Le robot a été construit et lancé dans les temps, et il est arrivé à une dizaine de kilomètres de sa cible. Puis des problèmes d’alimentation et de contrôle d’attitude ont fait renoncer à l’approche finale.

La démonstration a tout de même prouvé qu’un sauvetage ne coûte pas forcément des milliards. Mais Hubble vaut bien plus que Swift, et la NASA compte cette fois donner plus de temps et d’argent au candidat retenu.

Pourquoi on ne le remplace pas

On le dit souvent remplacé par le télescope James-Webb. C’est inexact : Webb et le futur Roman regardent surtout dans l’infrarouge, alors que Hubble excelle dans la lumière visible et l’ultraviolet. Son vrai successeur, l’observatoire Habitable Worlds, n’est pas attendu avant les années 2040. Et Hubble est une collaboration entre la NASA et l’Agence spatiale européenne, dont la Belgique est membre : sa chute serait aussi une perte pour les astronomes européens.

En bref

  • Sans moteur, Hubble perd de l’altitude et devrait retomber en 2033 ou 2034.
  • La NASA demande aux entreprises comment le remonter, le réparer ou le faire retomber de façon contrôlée, avec une mission au plus tard en 2032.
  • Aucun budget n’est réservé : il s’agit d’un appel à informations, pas d’une commande.
  • Jared Isaacman, qui proposait de sauver Hubble en 2022, dirige désormais la NASA.

Sources : NASA, annonce du 30 octobre 2026, appel à informations sur SAM.gov, Ars Technica, ESA/Hubble.

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