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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Vendredi 30 octobre 2026 Édition de midi Numéro LXV
Bien expliqué · À l’heure du sandwich · ≈ 2 min de lecture

Pourquoi la bande magnétique revient : Fujifilm quintuple sa production à cause de l’IA

Fujifilm investit 10 milliards de yens pour produire cinq fois plus de bandes LTO. Ce que la bande fait mieux qu'un disque, et ce qu'elle fait moins bien.

Cartouches de sauvegarde informatique, dont une cartouche LTO-3 de Sony et des cassettes de données Exabyte, TDK et Verbatim
Une cartouche LTO-3 de Sony, en haut à gauche, parmi d'autres cassettes de sauvegarde. Photo Mister rf, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

On la croit réservée aux musées de l’informatique. Le 29 octobre 2026, Fujifilm a pourtant annoncé investir environ 10 milliards de yens, quelque 64 millions de dollars selon The Register, pour multiplier par cinq sa capacité de production de bandes magnétiques de stockage, dans son usine d’Odawara, au Japon. La raison avancée tient en deux lettres : IA.

Pourquoi l’IA relance la bande

Dans son communiqué, Fujifilm explique que l’IA générative et le cloud font croître de façon exponentielle le volume de données. Les données accumulées pour entraîner et faire tourner les IA doivent être conservées quelque part, de façon sûre et peu coûteuse. L’investissement, étalé sur les exercices 2026 à 2028, servira à agrandir l’usine et à embaucher, pour produire surtout des cartouches LTO Ultrium 10, la dernière génération.

Ce que la bande fait mieux qu’un disque

Fujifilm résume ses atouts : la bande stocke de gros volumes, longtemps, pour peu cher, et peut être physiquement isolée du réseau. Ce dernier point compte beaucoup. Une cartouche rangée sur une étagère est hors de portée d’un rançongiciel qui chiffre tout ce qu’il trouve sur le réseau. C’est la copie de dernier recours.

Une cartouche LTO-10 contient 30 ou 40 To de données non compressées, selon le modèle, et les lit à 400 Mo/s, d’après The Register. La compression permet souvent de doubler la capacité utile.

Ce qu’elle fait moins bien

La bande se lit dans l’ordre, comme une cassette audio. Pour retrouver un fichier, le lecteur doit dérouler la bande jusqu’au bon endroit. Elle sert donc aux archives et aux sauvegardes, pas aux fichiers de tous les jours. Et elle demande un lecteur dédié, qui vise les entreprises et les centres de données, pas les particuliers.

Pour un particulier, la leçon reste valable à son échelle : une sauvegarde utile est une copie débranchée, sur un disque externe rangé dans un tiroir.

En bref

  • Fujifilm investit environ 10 milliards de yens pour produire cinq fois plus de bandes de stockage.
  • L’IA multiplie les données à archiver ; la bande les garde longtemps, à bas coût.
  • Atout clé : une cartouche hors ligne échappe aux rançongiciels ; défaut : un accès lent.

Sources : communiqué de Fujifilm, The Register.

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