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Le Bien Heureux · Belgique
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Lundi 26 octobre 2026 Édition du matin Numéro LXI
Actualités · Avant le café · ≈ 3 min de lecture

Cambridge Analytica : Meta condamnée à 25 milliards de dollars, avec 15 % d’intérêts par an

Un juge de Santa Fe a fixé l'amende le 21 octobre, après un verdict retenant 43,9 millions d'infractions. Meta fait appel, les intérêts courent.

Façade en briques à colonnes blanches du complexe judiciaire de Santa Fe, entre deux arbres
Le complexe judiciaire Steve Herrera, à Santa Fe, en mai 2009. AllenS / Wikimedia Commons (domaine public)

Le 21 octobre 2026, le juge Francis J. Mathew, du tribunal de district de Santa Fe, a condamné Meta à payer 25 milliards de dollars à l’État américain du Nouveau-Mexique. Le dossier remonte à l’affaire Cambridge Analytica : un jury avait estimé en septembre que Facebook avait trompé ses utilisateurs sur l’usage de leurs données.

43,9 millions d’infractions, 5 000 dollars pièce

Selon Next, le Nouveau-Mexique est le seul État américain à ne pas avoir transigé avec l’entreprise dans ce dossier et à être allé jusqu’au procès. Le jury a retenu 43 899 725 infractions à la loi de l’État sur les pratiques déloyales, et jugé trompeuses 26 des 29 déclarations de Meta visées par l’accusation : contrôle du partage des données, vente ou cession aux annonceurs, notamment.

Dans son ordonnance, le juge applique le maximum prévu par la loi, 5 000 dollars par infraction, soit près de 219,5 milliards de dollars. Il ramène la somme à 25 milliards, mais ajoute que les intérêts courront à 15 % par an jusqu’au paiement complet : 3,75 milliards de dollars par an, environ 10 millions par jour, tant que Meta ne paie pas.

Le magistrat justifie la sévérité par le nombre de violations délibérées, leur durée et l’implication de la direction. Les déclarations en cause, diffusées au public pendant des années, touchent selon lui au cœur du modèle de Facebook : les données que les utilisateurs lui apportent, et qui ont fait sa rentabilité.

Meta dénonce une « taxe sur la liberté d’expression »

Meta fait appel. Son directeur juridique, C.J. Mahoney, cité par Reuters et repris par Next, estime que la décision rend « pratiquement impossible » toute activité commerciale au Nouveau-Mexique et que la procédure revient à imposer « une taxe sur la liberté d’expression ». L’ordonnance vise pourtant des déclarations de l’entreprise elle-même : sur les données, mais aussi sur la présence de désinformation et de discours haineux sur la plateforme, que le jury a jugées fausses.

Le juge n’a pas encore tranché les mesures correctives demandées par l’État : il les réserve à une phase ultérieure.

Un ordre de grandeur inédit

Pour comparer, l’amende RGPD infligée à Meta en mai 2023 par l’autorité irlandaise, sur décision contraignante du comité européen de la protection des données, s’élevait à 1,2 milliard d’euros pour des transferts de données vers les États-Unis. Le même Nouveau-Mexique avait déjà obtenu en mars 2026 un verdict de 375 millions de dollars contre Meta, dans un autre dossier, consacré à la sécurité des adolescents.

En bref

  • 25 milliards de dollars d’amende civile, fixés le 21 octobre 2026 par un juge de Santa Fe.
  • Base : 43 899 725 infractions retenues par le jury, au tarif maximal de 5 000 dollars.
  • Intérêts de 15 % par an jusqu’au paiement ; Meta fait appel.
  • Les mesures correctives réclamées par l’État restent à juger.

Sources : ordonnance du juge Francis J. Mathew, 21 octobre 2026 (PDF) ; Next, 22 octobre 2026 ; EDPB, décision contraignante 1/2023 ; Al Jazeera, 25 mars 2026.

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