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Dimanche 25 octobre 2026 Édition du matin Numéro LX
IA, encore! · Entre deux cafés · ≈ 3 min de lecture

Meta renonce à aspirer les sites de ses clients pour entraîner son IA

Les conditions commerciales de Meta prévues au 30 octobre l'autorisaient à aspirer les sites des entreprises clientes pour son IA. Face au tollé, Meta recule.

Carrefour devant l'entrée du siège de Meta à Menlo Park, avec le panneau bleu et blanc portant le logo de l'entreprise
Siège de Meta, Menlo Park (Californie), le 27 mars 2022. © LPS.1 / Wikimedia Commons (CC0)

Meta a fait marche arrière en moins de 48 heures. Le 17 octobre 2026, l’entreprise a annoncé à TechCrunch qu’elle retirait de ses nouvelles conditions commerciales une clause très contestée : celle qui l’autorisait à aspirer automatiquement les sites web de ses clients professionnels et à utiliser ce contenu pour entraîner ses modèles d’IA.

Ce que prévoyait le texte

Le média britannique The Register avait révélé la clause le 16 octobre. Le texte, qui devait entrer en vigueur le 30 octobre 2026, autorisait Meta à utiliser des robots d’indexation et à créer des identifiants de test pour accéder aux domaines et aux pages liés aux produits ou services de ses clients. Le contenu récupéré pouvait ensuite servir à « fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner » les produits de Meta.

Le champ était très large. Meta considère comme client professionnel toute entité qui achète de la publicité, gère une Page, administre un Groupe à des fins commerciales, vend des produits ou utilise Meta Business Suite. Comme le relevait Nieman Lab, presque tous les éditeurs de presse ont au moins un compte professionnel chez Meta, ce qui aurait ouvert leurs articles à l’entraînement de ses modèles.

Un recul sous la pression

La News/Media Alliance, qui représente des éditeurs américains, avait jugé ces conditions « scandaleuses et probablement illégales », dénonçant un chantage : l’accès à l’audience de Meta contre l’accès aux sites. Eric Goldman, professeur de droit à l’université de Santa Clara, rappelait à The Register qu’une modification de conditions doit laisser une vraie possibilité de les refuser.

Dans sa déclaration à TechCrunch, Meta dit avoir entendu les critiques, affirme que la clause ne concernait que ses produits publicitaires et professionnels, et précise que son retrait ne change rien à l’usage que l’entreprise fait de ses robots d’indexation.

Ce qui reste à vérifier

Le retrait de la clause ne règle pas la question de fond. Meta continue d’explorer le web avec ses propres robots, qu’elle documente sur son site développeurs, dont Meta-ExternalAgent, utilisé pour l’IA. Une entreprise ou un éditeur qui ne veut pas nourrir ces modèles peut le signaler dans le fichier robots.txt de son site. Il faudra aussi relire la version finale des conditions avant le 30 octobre pour vérifier que la clause a bien disparu.

En bref

  • Les conditions commerciales de Meta prévues au 30 octobre 2026 l’autorisaient à aspirer les sites de ses clients professionnels.
  • Le contenu pouvait servir à entraîner ses modèles d’IA.
  • Après les protestations des éditeurs, Meta a retiré la clause le 17 octobre.
  • Les robots d’indexation de Meta restent actifs ; le fichier robots.txt permet de les refuser.

Sources : The Register (16 octobre 2026) ; TechCrunch (17 octobre 2026) ; Nieman Lab (octobre 2026).

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