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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Jeudi 8 octobre 2026 Édition du matin N° 43
IA, encore! · Ă€ l’heure du sandwich · ≈ 3 min de lecture

arXiv rationne les chercheurs : deux articles par mois, parce que l’IA en Ă©crit trop

Depuis le 1er octobre 2026, arXiv limite chaque déposant à deux soumissions par mois. En septembre, le site en a reçu 40 363, deux fois plus qu'en 2024.

Paul Ginsparg assis devant un tableau noir couvert d'équations, en 2025
Le physicien Paul Ginsparg, qui a créé arXiv en 1991, photographié en 2025. © Cmichel67 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Publier plus de deux articles scientifiques par mois relevait de l’exploit. C’est devenu assez banal pour qu’arXiv, la grande archive de prĂ©publications oĂą physiciens, mathĂ©maticiens et informaticiens dĂ©posent leurs travaux avant leur parution en revue, doive l’interdire. Depuis le 1er octobre 2026, chaque dĂ©posant est limitĂ© Ă  deux soumissions par mois calendaire.

40 363 dépôts en un mois

Les chiffres viennent du billet d’arXiv : 9 869 soumissions en septembre 2016, 20 569 en septembre 2024, 40 363 en septembre 2026, un record. Il a fallu huit ans pour le premier doublement, deux pour le second. Ce mois record a gĂ©nĂ©rĂ© près de 9 000 tickets d’assistance. Dans la catĂ©gorie consacrĂ©e Ă  l’intelligence artificielle, les dĂ©pĂ´ts ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par plus de six en deux ans.

arXiv ne proscrit pas l’IA : un auteur peut s’en servir s’il le dĂ©clare et si le travail fait avancer son domaine. Le problème est ailleurs. Les modĂ©rateurs voient affluer des articles minces, des textes denses rĂ©digĂ©s par IA et des « salamis », une mĂŞme Ă©tude dĂ©bitĂ©e en tranches pour faire nombre.

Les bénévoles ne suivent plus

Ces modĂ©rateurs sont des chercheurs bĂ©nĂ©voles. Selon Thomas Dietterich, qui prĂ©side le conseil Ă©ditorial d’arXiv, une petite part des auteurs accapare une part disproportionnĂ©e de leur temps, et les articles sĂ©rieux attendent des jours, parfois des semaines.

Avant l’IA, explique l’archive, il existait une limite pratique au rythme de production d’un chercheur, et les modĂ©rateurs freinaient au cas par cas ceux qui la dĂ©passaient largement. Cette limite n’a plus rien d’Ă©vident. D’oĂą une règle uniforme, prĂ©sentĂ©e comme provisoire, le temps d’amĂ©liorer les outils de modĂ©ration.

Les détails qui comptent

  • Deux soumissions par mois, toutes catĂ©gories confondues, et trois dossiers en cours au maximum (ce second plafond date de 2024).
  • Un article refusĂ© compte quand mĂŞme : c’est l’examen qui consomme le temps des modĂ©rateurs.
  • La limite vise la personne qui dĂ©pose, pas ses coauteurs.

Ce dernier point est une soupape : une Ă©quipe de cinq personnes peut encore dĂ©poser dix articles par mois en changeant de dĂ©posant. Ceux qui ont un retard Ă  Ă©couler ou une Ă©chĂ©ance de confĂ©rence sont priĂ©s de s’organiser.

La mesure suit d’autres tours de vis rappelĂ©s par Next, dont une suspension d’un an, annoncĂ©e en mai 2026, pour les textes gĂ©nĂ©rĂ©s par IA manifestement non relus. Elle n’empĂŞchera pas un mauvais article d’arriver. Elle plafonne seulement le nombre de mauvais articles par personne, ce qui en dit assez sur l’Ă©poque.

En bref

  • Depuis le 1er octobre 2026 : deux soumissions par mois et par dĂ©posant sur arXiv, trois dossiers actifs au plus.
  • 40 363 soumissions en septembre 2026, contre 20 569 en septembre 2024.
  • Les refus comptent dans le quota ; les coauteurs ne sont pas concernĂ©s.
  • arXiv prĂ©sente la règle comme provisoire, en attendant de meilleurs outils de modĂ©ration.

Sources : arXiv (1er octobre 2026) ; Next (2 octobre 2026)