Gemmes, cristaux, pièces d’or : l’Europe cible neuf Ă©diteurs de jeux et leurs monnaies virtuelles
Candy Crush, Valorant, Minecraft : l'Europe exige le prix réel en euros des monnaies virtuelles et le droit de rétractation pour la monnaie non utilisée.

Dans beaucoup de jeux, on n’achète pas une Ă©pĂ©e Ă 4,99 €. On achète 1 000 gemmes, dont 850 serviront Ă l’Ă©pĂ©e, et les 150 restantes attendront le prochain achat. Le 30 septembre, les autoritĂ©s europĂ©ennes de protection des consommateurs ont dĂ©cidĂ© que ce brouillard avait assez durĂ©.
Neuf éditeurs, plus Activision Blizzard
Le réseau CPC, qui regroupe les autorités nationales chargées du droit de la consommation sous la coordination de la Commission européenne, a lancé des actions coordonnées contre neuf éditeurs. Chacun est visé pour au moins un jeu : Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King (Candy Crush Saga), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt: Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).
Une procĂ©dure distincte vise la filiale britannique d’Activision Blizzard pour Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Elle va plus loin que les monnaies : collecte de donnĂ©es des joueurs, design addictif, rĂ©glages par dĂ©faut du contrĂ´le parental, marketing direct vers les enfants et blocage de comptes.
Ce que les autorités exigent
La base est un texte que le rĂ©seau avait publiĂ© en 2025, les « principes clĂ©s sur les monnaies virtuelles dans les jeux ». La Commission explique que le dialogue ouvert alors avec le secteur « n’a pas donnĂ© de rĂ©sultats satisfaisants ». Les exigences sont très concrètes :
- afficher le prix réel en euros des objets et des monnaies ;
- éviter les monnaies multiples et les taux de change internes qui masquent le coût ;
- ne pas forcer l’achat de plus de monnaie qu’il n’en faut ;
- informer du droit de rétractation de 14 jours, y compris pour la monnaie virtuelle non utilisée ;
- protéger les joueurs vulnérables, enfants compris.
Le rĂ©seau a aussi adoptĂ© une dĂ©claration commune pour harmoniser son approche dans toute l’Union. Une action coordonnĂ©e n’est pas une sanction : les Ă©diteurs sont invitĂ©s Ă rĂ©pondre et Ă s’engager. Faute d’accord, ce sont les autoritĂ©s nationales qui peuvent ensuite agir, amendes comprises.
La Belgique a de l’avance
En Belgique, le sujet n’est pas neuf. En 2018, la Commission des jeux de hasard avait estimĂ© que certaines loot boxes payantes relevaient des jeux de hasard, ce qui avait poussĂ© plusieurs Ă©diteurs Ă les retirer du marchĂ© belge. Les monnaies virtuelles, elles, Ă©taient restĂ©es hors du champ. C’est prĂ©cisĂ©ment le terrain que choisit l’Europe : moins spectaculaire que le coffre Ă surprise, mais prĂ©sent dans presque chaque jeu gratuit.
Les éditeurs ne se sont pas encore exprimés publiquement sur ces actions. Le premier indicateur à surveiller sera simple : voir apparaître, à côté du paquet de gemmes, un prix en euros par objet.
En bref
- Actions coordonnées du réseau CPC contre neuf éditeurs, annoncées le 30 septembre.
- Cible : les monnaies virtuelles qui masquent le prix réel des achats.
- Droit de rétractation de 14 jours rappelé pour la monnaie non utilisée.
- Procédure plus large contre Activision Blizzard, données et contrôle parental compris.
Sources : Commission européenne, communiqué IP/26/2018 ; Next.
Le Bien Heureux · RĂ©daction Capibara · Jeudi 1 octobre 2026