Falcon 9 : plus de réservations après 2028, et les opérateurs de satellites s’inquiètent
SpaceX ne vend plus de vols Falcon 9 au-delà de 2028 sans l'avoir annoncé. Starship doit prendre le relais, les opérateurs redoutent un trou d'offre.

SpaceX ne vend plus de vols Falcon 9 pour les dates postérieures à 2028. Aucune annonce officielle, aucun communiqué : l’information vient du Wall Street Journal et de SpaceNews, et elle a suffi à réveiller une inquiétude chez tous ceux qui construisent aujourd’hui un satellite destiné à décoller dans 3 ou 4 ans.
Un carnet de commandes qui se referme
Le Falcon 9 est devenu le cheval de trait du secteur : près de 700 vols depuis 2010, dont 165 pour la seule année 2025, et 122 de ces 165 vols consacrés au déploiement de Starlink. Il ne reste pas énormément de concurrence en face. Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, assume la logique du remplacement : si l’entreprise ne rend pas ses propres produits obsolètes, quelqu’un d’autre finira par le faire à sa place.
Sur le papier, la bascule se défend. Le Falcon 9 mesure 70 m et emporte 25 t en orbite basse. Starship dépasse 120 m et vise plus de 100 t, soit 4 fois la charge utile. La nouvelle génération de satellites Starlink est d’ailleurs dessinée pour la soute de Starship, pas pour la coiffe du Falcon 9.
Le successeur n’est pas encore au rendez-vous
Le problème tient en une condition posée par SpaceX elle-même : basculer la production vers Starship quand celui-ci volera de façon fiable plusieurs fois par semaine. Cette cadence n’est pas atteinte, et le calendrier de Starship a déjà glissé plusieurs fois. Les vols habités et les vols de fret vers la Station spatiale internationale devraient d’ailleurs rester sur Falcon 9 et Dragon jusque vers 2030, la taille de Starship compliquant sérieusement un amarrage à la station.
Le trou redouté, entre 2029 et 2031
C’est cette fenêtre que les opérateurs regardent avec méfiance : la demande de lancements pourrait y dépasser l’offre disponible. Satrec Initiative, Intuitive Machines et Space Norway ont fait savoir que leur logistique 2028-2029 devenait difficile à planifier. Les solutions de repli existent sur le papier, New Glenn, Vulcan Centaur, Ariane 6, mais toutes accumulent retards ou limites de cadence.
(Réserver un lancement, c’est acheter un billet pour un train dont l’horaire ne sera publié que dans 3 ans. Et le guichet vient de fermer ! 😅)
Ce qu’il faut garder en tête
Rien de tout cela n’est officiel. SpaceX n’a publié aucune date de retrait, et refuser des réservations au-delà de 2028 n’est pas la même chose qu’annoncer un calendrier : une entreprise qui ne sait pas encore ce qu’elle vendra en 2029 a de bonnes raisons de ne rien vendre du tout. Il faut aussi regarder qui parle. Celui qui décrit une panique du marché, Andy Lapsa, dirige Stoke Space, une société qui développe son propre lanceur réutilisable : un marché angoissé par la disparition du Falcon 9 est exactement le climat qui l’aide à trouver des clients. Enfin, le compte des vols lui-même varie selon les recensements, entre un peu moins et un peu plus de 700, ce qui donne la mesure de la précision disponible sur ce dossier.
En bref
- SpaceX ne prend plus de réservations commerciales de Falcon 9 après 2028, sans l’avoir annoncé.
- Près de 700 vols depuis 2010, dont 165 en 2025 et 122 pour Starlink.
- Starship promet plus de 100 t contre 25 t, mais doit d’abord voler plusieurs fois par semaine.
- Falcon 9 et Dragon resteraient sur les vols vers la Station spatiale internationale jusque vers 2030.
- La période 2029-2031 est celle où la demande risque de dépasser l’offre de lancements.
- New Glenn, Vulcan Centaur et Ariane 6 sont les replis possibles, tous en retard ou limités en cadence.
Sources : Wall Street Journal, SpaceNews, Space.com et Clubic.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Mercredi 23 septembre 2026