L’Historique des fichiers de Windows ne sauvegarde plus depuis le correctif de septembre
Le correctif de septembre casse l’Historique des fichiers sur 8 versions de Windows. Microsoft confirme, sans cause ni correctif, et désinstaller serait pire.

Sauvegarder, c’est surtout vérifier que la sauvegarde a bien lieu. Depuis le correctif cumulatif de septembre, l’Historique des fichiers de Windows affiche une date de dernière sauvegarde qui ne bouge plus, et Microsoft confirme le problème sans proposer la moindre solution de rechange.
Un disque qui se déconnecte tout seul, sauf qu’il est branché
Le tableau de bord de santé de Windows liste quatre manifestations. Le message invitant à rebrancher le lecteur apparaît alors que le disque est bien connecté et visible dans l’explorateur. L’horodatage de la dernière sauvegarde reste figé sur sa valeur d’avant la mise à jour. Les fichiers déjà sauvegardés répondent qu’aucune version antérieure n’est disponible, précisément quand on va en chercher une. Et l’Observateur d’événements enregistre des plantages de FileHistory.exe, accompagnés de KERNELBASE.dll.
Aucun de ces signes n’arrive au bon moment. (C’est ça, le vrai sujet : une sauvegarde qui échoue bruyamment se répare le soir même, une sauvegarde qui échoue en silence se découvre le jour où on en a besoin 😐)
Windows 10 est touché autant que Windows 11
8 versions sont concernées, pour 6 correctifs distincts : KB5124012 sur Windows 11 26H1, KB5124008 sur Windows 11 25H2 et 24H2, KB5122880 sur Windows 11 23H2, KB5122878 sur Windows 10 22H2 et 21H2, KB5122876 sur Windows 10 Enterprise LTSC 2019 et KB5123099 sur Windows 10 Enterprise LTSC 2016. Les éditions LTSC, que l’on installe précisément pour leur stabilité, sont dans le lot.
Bonne nouvelle au milieu : les sauvegardes déjà réalisées ne sont pas perdues. Elles dorment toujours sur le disque externe, dans le dossier FileHistory, avec leurs noms horodatés, et on peut y aller à la main. Ce qui ne fonctionne plus, c’est l’écriture des nouvelles versions et la lecture des anciennes depuis le menu de restauration.
Désinstaller la mise à jour est le pire conseil du moment
C’est pourtant celui qui circule, faute de mieux. Il faut mesurer ce qu’il coûte. Le Patch Tuesday du 8 septembre 2026 est le plus volumineux jamais publié par Microsoft, et il ferme 2 failles déjà exploitées dans la nature. Le décompte total varie selon les recensements, entre 964 et 974 CVE, ce qui donne au moins l’ordre de grandeur. Retirer ce correctif pour récupérer une fonction de sauvegarde, c’est rouvrir 2 portes activement utilisées par des attaquants afin de protéger ses photos de vacances.
Ce qui marche vraiment en attendant
- Une copie miroir vers le disque externe avec
robocopy C:\Users\moi\Documents D:\Sauvegarde\Documents /MIR /R:1 /W:1, à la main ou par tâche planifiée. Ce n’est pas du versionnement, mais c’est à jour. - L’application Sauvegarde Windows, qui repose sur OneDrive et n’utilise pas le même mécanisme.
- Un outil tiers qui gère ses propres versions, comme Veeam Agent en édition gratuite, Duplicati ou restic.
- Et surtout, ouvrir le disque de sauvegarde et regarder la date du fichier le plus récent. C’est le seul contrôle qui ne ment pas.
Ce que l’on ne sait pas
Une réserve s’impose sur la solidité de l’information. Tout ce que l’on sait vient d’une source unique, Microsoft, c’est-à-dire de l’éditeur qui a provoqué la panne. Sa formule, « certains clients », ne dit ni combien de machines sont touchées, ni pourquoi, ni quand le correctif arrivera. Rien n’indique publiquement que le bug ait été reproduit en interne, et aucune procédure de retour arrière côté serveur n’a été annoncée, alors que Microsoft en dispose et s’en sert régulièrement. Ce genre de « certains clients » a déjà recouvert des parcs entiers.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Mercredi 23 septembre 2026