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Le Bien Heureux · Belgique
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Samedi 7 novembre 2026 Édition de midi Numéro LXXIII
Actualités · Entre deux cafés · ≈ 3 min de lecture

Un robot assemble en orbite un morceau d’antenne à partir de pièces détachées

Deux sections sont sorties de la boîte déjà montées, la troisième a été emboîtée sur place par un robot. Objectif : des antennes trop grandes pour une fusée.

Mécanisme d'assemblage d'ASTRA vu de près, avec la Terre en arrière-plan
Le démonstrateur d'assemblage ASTRA en orbite, vu par une caméra embarquée. Image recadrée. © Caltech/Momentus.

Dans une boîte accrochée à un engin spatial, un mécanisme à trois axes saisit des barres en composite et les emboîte grâce à des raccords conçus sur mesure. Derrière lui, la Terre défile. Personne n’est là pour tenir la clé.

Caltech et la DARPA, l’agence de recherche de la défense américaine, ont annoncé le 5 novembre le bilan d’ASTRA, leur démonstrateur d’assemblage automatique dans l’espace. La DARPA y voit « la toute première démonstration d’assemblage automatisé dans l’espace ».

Deux sections livrées montées, une troisième construite sur place

L’appareil a d’abord déployé deux sections de structure, préassemblées au sol. Puis il en a monté une troisième à partir de pièces séparées, avant de déployer une membrane réfléchissante. C’est cette troisième section qui fait la nouvelle : selon le récit de l’équipe de Caltech, le système a « construit une troisième section en orbite ».

Il faut garder l’échelle en tête. Le réflecteur visé mesure 1,4 m de diamètre et compte 11 sections. En orbite, une seule a été fabriquée à partir d’éléments séparés. C’est une preuve de principe, pas encore une antenne.

Automatique, mais surveillé de près

« Automatisé » décrit le travail du mécanisme dans sa boîte. Au sol, l’équipe envoyait les séquences de commandes, puis vérifiait le résultat sur des photos descendues d’orbite. Quand une opération coinçait, elle reproduisait le problème sur un jumeau resté au laboratoire, avant de relancer la manœuvre là-haut.

La « première » revendiquée porte sur cet assemblage par une machine. Des astronautes ont déjà assemblé de grandes structures en orbite, à commencer par la Station spatiale internationale.

ASTRA est parti le 30 mars 2026 avec la mission Transporter-16. Il était hébergé par Vigoride 7, un véhicule de l’entreprise Momentus, qui lui fournissait l’électricité, les images et les communications.

Pourquoi construire là-haut

Tout ce qui part dans l’espace doit tenir sous la coiffe d’une fusée, quelques mètres de diamètre au mieux. Pour une grande antenne ou un grand télescope, il faut pour l’instant tout replier comme un origami et espérer que le dépliage se passe bien.

Assembler sur place ouvrirait une autre voie : lancer des pièces bien rangées, puis construire une structure plus grande que la fusée elle-même. C’est l’ambition du programme NOM4D de la DARPA, dont ASTRA est la démonstration. L’idée rejoint d’autres projets d’intervention robotisée en orbite (on en avait parlé : l’appel de la NASA pour sauver Hubble).

En bref

  • Le démonstrateur ASTRA de Caltech et de la DARPA a monté en orbite une section de structure à partir de pièces séparées, annoncent-ils le 5 novembre 2026.
  • Deux autres sections étaient préassemblées. Le réflecteur visé en compte 11, pour 1,4 m de diamètre.
  • L’équipe au sol envoyait les commandes et contrôlait chaque étape sur des photos prises en orbite.
  • L’objectif à terme : construire dans l’espace des structures trop grandes pour une fusée.

Sources : Caltech, 5 novembre 2026, DARPA, programme NOM4D.

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