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Le Bien Heureux · Belgique
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Lundi 19 octobre 2026 Édition de midi Numéro LIV
ActualitĂ©s · Pendant que vous dormiez · ≈ 3 min de lecture

Starlink bridĂ© en Ukraine : Musk accuse la Maison-Blanche, le Telegraph affirme que l’idĂ©e venait de lui

Le 14 octobre, SpaceX a coupé les terminaux militaires ukrainiens au-delà de 160 km/h. Musk accuse Washington, quatre sources du Telegraph l'accusent, lui.

Une fusée Falcon 9 décolle dans un panache de fumée au-dessus d'un hangar marqué SpaceX, sur la côte californienne
Lancement de 27 satellites Starlink, base de Vandenberg (Californie), le 12 octobre 2026. © U.S. Space Force / Ian Hawkes (domaine public)

Le 14 octobre 2026, sans prĂ©avis, SpaceX a bridĂ© Starshield, la version militaire de Starlink utilisĂ©e par l’armĂ©e ukrainienne : un terminal qui se dĂ©place Ă  plus de 160 km/h perd la connexion. C’est prĂ©cisĂ©ment le terrain des drones intercepteurs que Kyiv lance contre les Shahed Ă  rĂ©action russes.

Quatre jours plus tard, personne n’assume la dĂ©cision. Elon Musk dĂ©signe la Maison-Blanche, Donald Trump dĂ©ment, et le quotidien britannique The Telegraph affirme que l’idĂ©e venait de Musk lui-mĂŞme.

Une limite de vitesse en pleine vague de frappes

Serhii Beskrestnov, conseiller de la prĂ©sidence ukrainienne pour les technologies de dĂ©fense, a Ă©crit sur Telegram que les forces armĂ©es n’avaient reçu aucun avertissement et que plusieurs missions avaient Ă©chouĂ©. Le bridage touchait les drones de frappe Ă  moyenne portĂ©e et les intercepteurs, pilotĂ©s par l’internet satellitaire.

Le 16 octobre, Ă  Bruxelles, en marge du sommet europĂ©en, Volodymyr Zelensky a rĂ©sumĂ© l’enjeu : « Nous utilisons Starlink pour intercepter les Shahed Ă  rĂ©action qui frappent nos civils et tuent nos familles. » Le service a Ă©tĂ© rĂ©tabli le 15 octobre, selon une source du ministère ukrainien de la DĂ©fense citĂ©e par le Kyiv Independent, qui rapporte aussi le tĂ©moignage d’un acteur de l’industrie du drone : la liaison fonctionne parfaitement Ă  certains endroits, pas Ă  d’autres.

Trois versions d’une mĂŞme dĂ©cision

Elon Musk, sur X : « Les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement amĂ©ricain et sont contrĂ´lĂ©s par lui. Toute limite de vitesse ou d’usage est dĂ©cidĂ©e par l’armĂ©e amĂ©ricaine et, en dernier ressort, par le prĂ©sident. »

Reuters, le 16 octobre : deux responsables amĂ©ricains et un responsable occidental, sous couvert d’anonymat, affirment que le Pentagone a reçu de la Maison-Blanche la consigne de ralentir Starshield, sans dire qui l’avait donnĂ©e.

Donald Trump, le mĂŞme jour, devant la presse : « Je ne sais pas si c’est quelqu’un, parce que ce n’Ă©tait pas moi, et je ne pense pas que ce soit Elon. »

The Telegraph, le 16 octobre au soir : selon quatre sources, Musk a proposĂ© le bridage Ă  Trump, qui a accepté ; deux sources ukrainiennes et un haut responsable europĂ©en confirment ce rĂ©cit. L’article est payant : Le Bien Heureux n’a pu lire que sa reprise dĂ©taillĂ©e par le Kyiv Independent.

Aucune de ces versions n’est prouvĂ©e Ă  ce stade. Elles ont un point commun : une entreprise privĂ©e et un gouvernement Ă©tranger ont pu, en une nuit, ralentir la dĂ©fense aĂ©rienne d’un pays europĂ©en en guerre, sans que personne ne signe.

La question posĂ©e Ă  l’Europe

IRIS², la constellation de 348 satellites que l’Union prĂ©pare pour offrir une connectivitĂ© sĂ©curisĂ©e Ă  ses gouvernements et Ă  ses services de secours, n’est pas encore en service ; la Commission dit vouloir l’accĂ©lĂ©rer. Les frĂ©quences qui permettront aux tĂ©lĂ©phones ordinaires de parler aux satellites font dĂ©jĂ  l’objet d’une bataille entre opĂ©rateurs europĂ©ens et Starlink (on en a parlĂ© ICI).

En bref

  • Le 14 octobre 2026, SpaceX a bridĂ© Ă  160 km/h les terminaux Starshield de l’armĂ©e ukrainienne, sans prĂ©avis.
  • Drones intercepteurs et drones de frappe ont Ă©tĂ© touchĂ©s ; le service est revenu le 15 octobre, de façon encore inĂ©gale.
  • Musk accuse la Maison-Blanche, Trump dĂ©ment, le Telegraph dĂ©signe Musk : aucune version n’est prouvĂ©e.
  • IRIS², la constellation europĂ©enne de 348 satellites, n’est pas encore en service.

Sources : Kyiv Independent, reprise de l’enquĂŞte du Telegraph (16 octobre 2026) ; Kyiv Independent, reprise de Reuters (16 octobre 2026) ; CNBC, dĂ©claration de Donald Trump (16 octobre 2026) ; Al Jazeera, message d’Elon Musk et rĂ©action de Serhii Beskrestnov (14 octobre 2026) ; Commission europĂ©enne, page IRIS².