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Le Bien Heureux · Belgique
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Jeudi 8 octobre 2026 Édition du matin N° 43
ActualitĂ©s · Entre deux cafĂ©s · ≈ 3 min de lecture

Gemmes, cristaux, pièces d’or : l’Europe cible neuf Ă©diteurs de jeux et leurs monnaies virtuelles

Candy Crush, Valorant, Minecraft : l'Europe exige le prix réel en euros des monnaies virtuelles et le droit de rétractation pour la monnaie non utilisée.

Trois personnes déguisées en bonbons de Candy Crush, rouge, violet et bleu, dans une grande halle en brique
Des mascottes de Candy Crush lors d'un événement de l'éditeur King, en 2013. © Susanne Nilsson, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Dans beaucoup de jeux, on n’achète pas une Ă©pĂ©e Ă  4,99 €. On achète 1 000 gemmes, dont 850 serviront Ă  l’Ă©pĂ©e, et les 150 restantes attendront le prochain achat. Le 30 septembre, les autoritĂ©s europĂ©ennes de protection des consommateurs ont dĂ©cidĂ© que ce brouillard avait assez durĂ©.

Neuf éditeurs, plus Activision Blizzard

Le réseau CPC, qui regroupe les autorités nationales chargées du droit de la consommation sous la coordination de la Commission européenne, a lancé des actions coordonnées contre neuf éditeurs. Chacun est visé pour au moins un jeu : Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King (Candy Crush Saga), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt: Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Une procĂ©dure distincte vise la filiale britannique d’Activision Blizzard pour Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Elle va plus loin que les monnaies : collecte de donnĂ©es des joueurs, design addictif, rĂ©glages par dĂ©faut du contrĂ´le parental, marketing direct vers les enfants et blocage de comptes.

Ce que les autorités exigent

La base est un texte que le rĂ©seau avait publiĂ© en 2025, les « principes clĂ©s sur les monnaies virtuelles dans les jeux ». La Commission explique que le dialogue ouvert alors avec le secteur « n’a pas donnĂ© de rĂ©sultats satisfaisants ». Les exigences sont très concrètes :

  • afficher le prix rĂ©el en euros des objets et des monnaies ;
  • Ă©viter les monnaies multiples et les taux de change internes qui masquent le coĂ»t ;
  • ne pas forcer l’achat de plus de monnaie qu’il n’en faut ;
  • informer du droit de rĂ©tractation de 14 jours, y compris pour la monnaie virtuelle non utilisĂ©e ;
  • protĂ©ger les joueurs vulnĂ©rables, enfants compris.

Le rĂ©seau a aussi adoptĂ© une dĂ©claration commune pour harmoniser son approche dans toute l’Union. Une action coordonnĂ©e n’est pas une sanction : les Ă©diteurs sont invitĂ©s Ă  rĂ©pondre et Ă  s’engager. Faute d’accord, ce sont les autoritĂ©s nationales qui peuvent ensuite agir, amendes comprises.

La Belgique a de l’avance

En Belgique, le sujet n’est pas neuf. En 2018, la Commission des jeux de hasard avait estimĂ© que certaines loot boxes payantes relevaient des jeux de hasard, ce qui avait poussĂ© plusieurs Ă©diteurs Ă  les retirer du marchĂ© belge. Les monnaies virtuelles, elles, Ă©taient restĂ©es hors du champ. C’est prĂ©cisĂ©ment le terrain que choisit l’Europe : moins spectaculaire que le coffre Ă  surprise, mais prĂ©sent dans presque chaque jeu gratuit.

Les éditeurs ne se sont pas encore exprimés publiquement sur ces actions. Le premier indicateur à surveiller sera simple : voir apparaître, à côté du paquet de gemmes, un prix en euros par objet.

En bref

  • Actions coordonnĂ©es du rĂ©seau CPC contre neuf Ă©diteurs, annoncĂ©es le 30 septembre.
  • Cible : les monnaies virtuelles qui masquent le prix rĂ©el des achats.
  • Droit de rĂ©tractation de 14 jours rappelĂ© pour la monnaie non utilisĂ©e.
  • ProcĂ©dure plus large contre Activision Blizzard, donnĂ©es et contrĂ´le parental compris.

Sources : Commission européenne, communiqué IP/26/2018 ; Next.