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Le Bien Heureux · Belgique Cinq parutions par jour
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Jeudi 17 septembre 2026 Édition du matin N° 22
Bien expliquĂ© Lundi 14 septembre · Au creux de l’après-midi

Faire de la polyphonie avec un haut-parleur qui ne sait dire que oui ou non

Le ZX Spectrum n’avait pas de puce sonore, seulement un bit. Des programmeurs en ont tiré de la musique à plusieurs voix, et même un album d’une demi-heure.

Un micro-ordinateur ZX Spectrum de Sinclair, avec son clavier Ă  touches souples.
© Kolossos · CC BY-SA 3.0

Le ZX Spectrum de Sinclair, sorti en 1982, n’a pas de puce sonore. Il a un bit. Un seul état à la fois : la membrane du haut-parleur est poussée, ou elle ne l’est pas. Avec cela, des programmeurs ont produit de la musique à plusieurs voix, et l’un d’eux un album d’une demi-heure.

Le principe, et il est contre-intuitif

Un bit ne sait produire qu’un signal carré, donc une hauteur, donc une voix. Pour en obtenir plusieurs, il faut tricher avec le temps. On alterne très vite entre les fréquences des différentes voix, assez vite pour que l’oreille renonce à les séparer et les reconstitue comme simultanées. C’est exactement l’illusion du cinéma, transposée au son. En jouant ensuite sur la largeur des impulsions, on obtient même des nuances de volume là où le matériel n’en propose aucune.

Les noms Ă  retenir

Tim Follin d’abord, compositeur des années 1980 dont les routines étaient écrites à la main en assembleur, et son frère Geoff. Ben Daglish ensuite, disparu depuis, à qui l’on doit Dark Fusion. Côté morceaux, l’introduction de Manic Miner, les deux Agent X publiés par Mastertronic, Raw Recruit, Future Games, Chronos, et la démo We are Vocoders.

Le travail n’est pas resté dans les années 1980. Matt Westcott a mené le projet Mahler en 2015, et Rich Hollins a publié ON and OFF, une demi-heure entière de musique produite par ce seul bit.

Ce que la nostalgie oublie de dire

Ces routines monopolisent le processeur. Sur une machine dont le Z80 fait déjà tourner le jeu, produire du son revient à lui voler ses cycles, et cela s’entend : beaucoup de titres de l’époque coupent la musique dès que l’action commence, ou ralentissent pendant les morceaux. La prouesse est réelle, elle n’était pas gratuite. On compare aussi volontiers ces routines à ce que produisait un Commodore 64, ce qui est injuste dans les deux sens : le Commodore avait une véritable puce sonore, le Spectrum n’avait qu’un programmeur.

En bref

  • Le ZX Spectrum de 1982 ne dispose que d’un haut-parleur commandĂ© par un seul bit.
  • La polyphonie s’obtient en alternant très vite entre les frĂ©quences des diffĂ©rentes voix.
  • La modulation de largeur d’impulsion permet d’ajouter des nuances de volume.
  • Tim Follin, Ben Daglish, Matt Westcott et Rich Hollins comptent parmi les auteurs de rĂ©fĂ©rence.
  • Ces routines consomment le temps processeur dont le jeu a besoin, ce qui s’entendait Ă  l’époque.

Sources : presse spécialisée du 13 septembre 2026, travaux publiés par la communauté du ZX Spectrum.