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Jeudi 24 septembre 2026 Édition du matin N° 29
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Le mot « tweet » et l’oiseau échappent à X, le nom Twitter non…

Un tribunal estime que X a probablement abandonné le mot « tweet » et le logo de l'oiseau, mais pas le nom Twitter. Tout tient à une parenthèse.

twiter is back
© Screenshot twitter.app

En repeignant Twitter en X, Elon Musk a jeté trois choses : un nom, un mot et un oiseau. Un tribunal fédéral américain vient d’estimer que deux des trois ne lui appartiennent probablement plus. La décision a été rendue le 3 septembre, et la startup qui l’attendait a changé de nom dans la journée.

Ce que le juge a tranché

L’affaire oppose X Corp. à Operation Bluebird, une jeune société dirigée par deux avocats, dont un ancien juriste marques de Twitter, qui venait de lancer un réseau social baptisé twitter.now. X demandait une injonction pour lui interdire d’utiliser son héritage. Le juge Colm F. Connolly, du tribunal fédéral du Delaware, a coupé la demande en deux : accordée pour 8 marques rattachées au nom Twitter, refusée pour le mot « tweet » et pour le logo de l’oiseau. Le service s’appelle depuis tweet.app.

Pourquoi le nom résiste et pas l’oiseau

Le droit américain prévoit qu’une marque tombe quand son titulaire a cessé d’en faire un usage sérieux et n’a pas l’intention de le reprendre. Tout s’est joué sur des détails d’affichage. Pour le nom Twitter, la fiche de l’application X sur l’App Store s’ouvre sur la formule « X (formerly known as Twitter) », et le tribunal y a vu un usage commercial toujours en cours : la mention sert à dire aux gens que ce qu’ils connaissaient sous ce nom se télécharge désormais ainsi.

Pour le mot « tweet » et pour l’oiseau, le constat est inverse. Ni l’un ni l’autre n’apparaissent dans cette fiche, et X a fini par concéder à l’audience d’avril qu’ils ne figurent pas non plus sur la page d’accueil de x.com. Plusieurs pièces fournies par X dataient d’avant la bascule ou ne mentionnaient que le nom Twitter. Ajoutées aux déclarations publiques de Musk, elles ont convaincu le tribunal qu’il n’y aura pas de retour en arrière.

(Voir une multinationale sauver une marque grâce à une parenthèse dans une fiche d’App Store, il fallait oser. Et ça marche ! 😅)

Un raisonnement déjà contesté

Le juriste Eric Goldman, qui suit ce type de contentieux depuis des années, trouve la première moitié du raisonnement fragile. Son objection est simple : si mentionner qu’une société était « anciennement connue sous » tel nom suffit à préserver la marque, alors plus rien ne peut jamais être abandonné, et une page d’historique d’entreprise suffit à geler des noms dont personne ne se sert. Il note aussi que Musk a répudié ce nom très bruyamment, ce qui rendait la conclusion inverse tout aussi défendable.

Ce que la décision ne dit pas

Rien n’est définitif. Une injonction préliminaire se juge sur la probabilité qu’une partie l’emporte, pas sur le fond : le procès reste entièrement à tenir, et la formule retenue par le tribunal dit que l’abandon est probable, pas qu’il est acquis. Méfiance aussi sur l’autre partie. Les 172 000 personnes régulièrement citées sont un chiffre communiqué par Operation Bluebird, et ce sont des demandes d’identifiant, pas des utilisateurs d’un service en fonctionnement : réserver son nom coûte 20 $, un palier à 40 $ ajoute des badges, et l’outil de vérification que la société met au centre de son discours est, de son propre aveu, en début de développement. Une société d’avocats qui gagne une bataille de marques et encaisse des réservations avant d’avoir livré quoi que ce soit mérite d’être regardée pour ce qu’elle est.

En bref

  • Décision du 3 septembre 2026, tribunal fédéral du Delaware, juge Colm F. Connolly.
  • Injonction accordée à X sur 8 marques liées au nom Twitter, refusée sur le mot « tweet » et sur le logo de l’oiseau.
  • Le nom est sauvé par la mention « formerly known as Twitter » sur la fiche App Store de X.
  • Le mot et l’oiseau n’apparaissent ni sur cette fiche ni sur la page d’accueil de x.com, ce que X a concédé.
  • Le service twitter.now s’est rebaptisé tweet.app dans la foulée ; 172 000 demandes d’identifiant annoncées, à 20 $ la réservation.
  • Il s’agit d’une injonction préliminaire : le procès sur le fond reste à venir.

Sources : décision X Corp. v. Project Bluebird Inc. (D. Del.), analyse d’Eric Goldman sur le Technology & Marketing Law Blog, TechCrunch, Engadget, communiqué d’Operation Bluebird.