Filmer des inconnus avec ses lunettes connectées n’est pas autorisé
Une autorité de protection des données a passé les lunettes de Meta au crible. Sa conclusion tient en une ligne : la diode d’enregistrement ne suffit pas.

L’autorité de protection des données de Hambourg a publié le 11 septembre un rapport de 53 pages consacré aux lunettes connectées de Meta. Sa conclusion ne vise pas le fabricant, et c’est ce qui la rend intéressante : elle vise celui qui les porte.
Ce que dit le rapport
Le raisonnement tient en une phrase. Représenter de façon identifiable des personnes qui ne font pas partie de votre cercle proche ne peut pas être autorisé au regard du droit des données, sauf cas rares d’intérêt légitime, pour une raison très simple : recueillir un consentement éclairé auprès de passants dans la rue n’est pas réaliste. Quatre fonctions sont examinées, la photo et la vidéo, l’assistant intégré, la publication vers les réseaux sociaux et la reconnaissance faciale.
La diode ne suffit pas
C’est le point le plus concret du document. Le témoin lumineux qui s’allume pendant l’enregistrement est jugé insuffisant comme information. L’autorité estime qu’il faut y ajouter un avertissement visible, ou tout simplement le dire à voix haute. Une petite lumière blanche sur une branche de lunettes, dans la rue, à trois mètres, n’informe personne, et l’argument vaut aussi pour les appareils du salon qui analysent ce qu’on y regarde.
La responsabilité est sur le nez de celui qui porte
Voilà ce que peu de commentaires relèvent. Le rapport ne demande pas au constructeur de modifier son produit. Il rappelle à l’acheteur qu’en filmant un inconnu il devient lui-même responsable d’un traitement de données personnelles, avec les obligations qui vont avec. Le fabricant vend l’objet, l’acheteur porte le risque. C’est une répartition qui mérite d’être connue avant de passer à la caisse.
Ce que cet avis ne fait pas
Ce n’est ni une décision de justice, ni une interdiction, ni un retrait du marché. Une autorité de contrôle publie ici une analyse, et une autre autorité européenne peut parfaitement lire le même texte autrement, ce qui arrive régulièrement. Le rapport ne dit rien non plus de la situation inverse, celle du porteur filmé en permanence par les caméras de la voie publique, qui relève d’un régime entièrement différent. (Le droit demande à l’un l’accord de tous, et à l’autre un simple panneau à l’entrée du quartier ! 🙂)
En bref
- L’autorité de protection des données de Hambourg a publié le 11 septembre un rapport de 53 pages sur les lunettes connectées de Meta.
- Filmer de façon identifiable des personnes hors de son cercle proche ne peut pas être autorisé, sauf rares cas d’intérêt légitime.
- La diode d’enregistrement est jugée insuffisante : il faut un avertissement visible ou une information orale.
- La responsabilité pèse sur le porteur, pas sur le fabricant.
- Il s’agit d’un avis d’autorité, pas d’une décision de justice ni d’une interdiction.
Sources : rapport d’évaluation publié par l’autorité de protection des données de Hambourg, presse spécialisée du 11 septembre 2026.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Samedi 12 septembre 2026