Votre téléviseur écoute-t-il vraiment votre salon ?
Une enquête accuse un grand fabricant de tout transmettre à sa régie publicitaire. Il dément. Voici les réglages à couper sans attendre la suite.

Un téléviseur connecté est un ordinateur muni d’un grand écran, d’un microphone et d’une connexion permanente. Une enquête technique publiée cette semaine affirme que celui d’un grand fabricant coréen en fait un usage nettement plus large que ce que son propriétaire imagine, et emploie une formule sans nuance : atteinte flagrante à la vie privée.
Ce que dit l’enquête
Les auteurs ont branché Wireshark sur le trafic du téléviseur et regardé ce qui sortait. Selon eux, l’appareil transmet l’adresse IP et la géolocalisation, la liste des réseaux Wi-Fi environnants avec leur puissance de signal, et un inventaire des appareils présents sur le réseau local, y compris ceux qui ne lui sont pas associés. Ils affirment également avoir observé une captation audio permanente, y compris en veille, transformée en transcriptions en clair, et envoyée vers la division publicitaire du fabricant.
Ce que répond le fabricant
Une dénégation nette : les téléviseurs ne collectent, n’enregistrent ni ne conservent les conversations ambiantes, et la reconnaissance vocale est facultative. Les deux versions sont difficilement conciliables, et l’une des deux se trompe. À ce stade, personne ne peut arbitrer de son fauteuil.
Les ordres de grandeur
Ils expliquent l’enjeu commercial. On parle de 49 millions de téléviseurs sous webOS pour le seul marché américain, et de 363 millions d’appareils dits adressables, ce qui désigne l’ensemble des équipements qu’un annonceur peut relier à un même foyer. Un téléviseur n’est plus vendu comme un écran mais comme un point d’entrée dans un salon, et le prix de vente ne raconte plus toute l’histoire économique de l’objet.
Ce que vous pouvez faire ce soir
Sans attendre l’issue de l’affaire, trois gestes utiles sur n’importe quel téléviseur connecté. Chercher dans les réglages la ligne de reconnaissance automatique de contenu, souvent notée ACR, et la désactiver : c’est elle qui identifie ce que vous regardez, y compris depuis une source externe. Refuser les publicités personnalisées dans le même menu. Et si l’écran n’a pas besoin d’internet pour votre usage, ne pas le connecter du tout, en branchant plutôt un petit boîtier que vous choisissez. (Un téléviseur qui reste un écran, c’est reposant ! 🙂)
Ce qui reste à établir
Beaucoup. L’enquête vient d’une chaîne spécialisée dont le modèle repose sur des révélations spectaculaires, ce qui ne la disqualifie pas mais invite à attendre des vérifications indépendantes. Distinguer une captation audio permanente d’une écoute déclenchée par un mot-clé demande une analyse fine, et la nuance change tout. Les auteurs évoquent en outre une faille permettant l’exécution de code à distance qui n’est pas démontrée à ce jour. Enfin, ces observations portent sur des appareils vendus sur le marché américain, et rien ne garantit que le comportement soit identique chez nous, où le cadre légal est différent.
En bref
- Une enquête technique accuse LG de collecter bien plus que ce qui est annoncé sur ses smart TV.
- Adresse IP, géolocalisation, réseaux Wi-Fi environnants et inventaire des appareils du réseau local seraient transmis.
- Les auteurs évoquent aussi une captation audio permanente, transformée en transcriptions et envoyée à la régie publicitaire.
- Le fabricant dément catégoriquement enregistrer les conversations ambiantes.
- Désactiver l’ACR et les publicités personnalisées reste utile sur toute smart TV.
- Les observations portent sur le marché américain et attendent des vérifications indépendantes.
Sources : enquête technique publiée par une chaîne spécialisée, réponse du fabricant, The Register.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Jeudi 10 septembre 2026