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Actualités Dimanche 20 septembre · Pendant que vous dormiez

Factorio tourne enfin en natif sur ARM64, et l’émulation y laisse des plumes

Wube publie un build ARM64 natif de Factorio : 11 % de mieux que l'émulation sur Steam Frame, 28 % sur Raspberry Pi 5, 35 % sur MacBook M1 Pro.

Carte Raspberry Pi 5 vue de dessus, avec dissipateur et ventilateur actif, posée sur un plan de travail en bois
© SimonWaldherr · CC BY 4.0

Onze ans que la demande traînait sur le forum du jeu. Le 18 septembre, Wube Software a fini par la satisfaire : Factorio existe désormais en version native ARM64 pour Linux, compilée pour cette architecture au lieu d’être traduite à la volée par une couche d’émulation. Le déclencheur porte un nom, Steam Frame, le casque autonome de Valve qui fait tourner SteamOS sur un SoC ARM.

La recette du portage

Le studio détaille sa cuisine dans son billet hebdomadaire : compilation croisée depuis x86 avec Clang, environnement cible fabriqué avec debootstrap, et trois livrables au bout de la chaîne. Un build autonome ARM64 téléchargeable sur le site officiel, une branche expérimentale sur Steam pour la version 2.1 destinée aux possesseurs du Frame, et un build headless, celui qui fait tourner un serveur sans écran. Le jeu est estampillé Steam Frame Verified, label décerné par Valve, et se joue à peu près comme sur Steam Deck : un jeu 2D n’accède pas aux fonctions de réalité virtuelle, il s’affiche dans un écran flottant que l’on pointe au laser.

Ce que coûtait l’émulation

Les chiffres sont la vraie information du billet. Sur le Steam Frame, la version ARM64 native rend 11 % de mieux que la version x86 exécutée à travers FEX. Sur un Raspberry Pi 5, l’écart atteint 28 % face à box64. Sur un MacBook M1 Pro sous Asahi Linux, il grimpe à 35 %. Traduction : la couche qui convertit le x86 en ARM prélève sa dîme, et elle la prélève d’autant plus que la machine est modeste.

Ces trois mesures viennent de Wube, et de nulle part ailleurs. Le studio ne dit ni sur quelle sauvegarde il a mesuré, ni la taille de l’usine, ni le nombre de tours de simulation retenus, alors que ce sont exactement les paramètres qui font varier un résultat Factorio du simple au double. Il a aussi un intérêt direct à ce que son portage brille, puisqu’il compare son propre travail à une solution générique. À retenir : l’ordre de grandeur, pas la décimale. Et 11 % sur le casque, ce n’est pas un changement de monde, c’est quelques images par seconde de marge quand l’usine s’étale.

Le serveur, vrai gagnant

Le build headless est la partie la moins spectaculaire et la plus utile. Sur Raspberry Pi 5, Wube vise d’ailleurs le serveur et non l’affichage : c’est l’usine hébergée en permanence pour une bande de joueurs, sur une carte qui tient dans la main, qui devient raisonnable. Le studio pose lui-même les limites de l’exercice, en reconnaissant qu’il manque d’infrastructure ARM64 accessible pour tester à grande échelle et que des soucis peuvent subsister sous Asahi Linux, où personne chez lui ne fait tourner le jeu à longueur de journée.

(Avouons-le, la première envie devant un casque de réalité virtuelle est rarement de poser des convoyeurs. Mais une usine de mille heures qui ronronne sur un Pi posé derrière la box, ça, c’est tentant ! 🙂)

En bref

  • Factorio dispose d’un build ARM64 Linux natif depuis le 18 septembre, sur le site officiel et en branche expérimentale Steam pour la version 2.1.
  • Gains annoncés face à l’émulation : 11 % sur Steam Frame contre FEX, 28 % sur Raspberry Pi 5 contre box64, 35 % sur MacBook M1 Pro sous Asahi Linux.
  • Le build headless ouvre la porte aux serveurs ARM, sans écran et sans couche de traduction.
  • Les mesures sont celles du studio, sans méthodologie publiée : à prendre comme un ordre de grandeur.

Sources : Friday Facts #446 de Wube Software, GamingOnLinux.