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Dimanche 13 septembre 2026 Édition du matin N° 18
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Six blocs de 5 MHz, et toute l’Europe qui se dispute

La bande 2 GHz qui permet d’appeler par satellite sans antenne se libère en 2027. Les opérateurs historiques veulent la garder loin de Starlink.

Illustration d un satellite de telecommunications en orbite au dessus de la Terre
© Auteur inconnu · Domaine public

Il reste 6 blocs de 5 MHz appariés dans la bande 2 GHz, celle qui permet à un téléphone ordinaire de parler à un satellite sans antenne particulière. Les licences actuelles expirent en mai 2027, et la question de savoir qui récupérera ce spectre est en train de devenir l’un des dossiers les plus disputés des télécoms européennes.

Qui veut quoi

D’un côté, un consortium en discussion entre Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, c’est-à-dire les quatre grands opérateurs historiques du continent, qui n’ont aucune envie de voir la couverture satellite de leurs propres abonnés leur échapper. De l’autre, Starlink, qui revendique 7,4 millions de clients en Europe, ainsi qu’Amazon Leo et AST SpaceMobile. Le premier espérait obtenir 15 MHz et se retrouve plafonné à 2 blocs de 5 MHz par une règle qui limite les candidats hors Union européenne.

Comment Bruxelles a découpé le gâteau

Un tiers de la bande, soit 2 blocs, est réservé aux communications gouvernementales et de défense, via le programme IRIS². Les deux tiers restants partent au commercial, mais avec des procédures différenciées et une porte ouverte plus large aux candidats établis dans l’Union, dont la direction et le contrôle doivent être européens. Ce n’est pas un appel d’offres ouvert au meilleur payeur, c’est un mécanisme construit pour orienter le résultat.

L’argument de chaque camp

Starlink annonce que cette régulation augmente considérablement le risque que des Européens soient privés de service, ce qui est l’argument classique et pas toujours faux du mieux placé techniquement. Bruxelles répond que le marché américain reste fermé aux opérateurs européens, et refuse de confier l’essentiel d’un spectre stratégique à un acteur unique déjà dominant. Les deux positions se défendent, et aucune n’est désintéressée.

Ce que ça peut changer pour vous

Concrètement, la téléphonie par satellite grand public ne remplace pas le réseau : elle sert à envoyer un message ou à appeler les secours là où il n’y a aucune antenne, en mer, en montagne, dans les zones blanches. Un consortium d’opérateurs traditionnels intégrerait probablement le service à l’abonnement existant, sans matériel supplémentaire. Un acteur indépendant vendrait plutôt son propre abonnement. La différence se lira sur la facture, pas sur la couverture. (Et pour avoir déjà cherché une barre de réseau dans les Ardennes, je prends ce qui vient ! 🙂)

Ce qui n’est pas encore décidé

Presque tout, en réalité. Le consortium est au stade de la discussion, pas de la signature, et rassembler quatre opérateurs qui se livrent une guerre commerciale par ailleurs n’a rien d’évident. Les enchères n’ont pas eu lieu et leurs modalités précises restent à publier. Enfin, gagner du spectre ne donne ni satellites en orbite ni service commercialisable : entre l’attribution et le premier appel passé depuis un sommet, il y a des années et des milliards. Les déclarations de ce mois-ci sont du positionnement, pas des engagements.

En bref

  • 6 blocs de 5 MHz appariĂ©s en bande 2 GHz sont en jeu, les licences expirant en mai 2027.
  • Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et TelefĂłnica discutent d’un consortium commun.
  • Un tiers de la bande est rĂ©servĂ© aux usages gouvernementaux et de dĂ©fense via IRIS².
  • Les candidats hors Union europĂ©enne sont plafonnĂ©s Ă  2 blocs de 5 MHz.
  • Starlink revendique 7,4 millions de clients en Europe et espĂ©rait 15 MHz.
  • Rien n’est signĂ© : ni le consortium, ni les modalitĂ©s d’enchères.

Sources : documents de la Commission européenne, positions publiques des opérateurs concernés, Next.