Une carte qui montre tous les bus, trams et trains en direct
De Lijn, STIB, TEC et SNCB sur une seule carte gratuite. Et surtout, elle précise quels véhicules sont vraiment suivis et lesquels sont estimés.

Il existe désormais une carte unique où défilent, en même temps, les bus de De Lijn, ceux du TEC, le métro et les bus bruxellois de la STIB, et les trains de la SNCB. Elle s’appelle ovlive, elle est gratuite, et elle a une qualité rare dans ce genre d’exercice : elle vous dit quand elle ne sait pas.
Une carte, quatre opérateurs
Le principe tient en une phrase : tout ce qui roule sur le rail ou la route, sur un seul fond de plan. On zoome sur un quartier, on voit les véhicules avancer, on touche un arrêt pour obtenir les prochains départs. Rien de révolutionnaire pris élément par élément, mais jusqu’ici il fallait jongler entre quatre applications qui s’ignorent poliment, chacune persuadée que le voyageur ne quitte jamais sa région.
La vraie bonne idée : distinguer le mesuré du calculé
C’est là que le projet devient intéressant. Chaque véhicule affiché porte une étiquette d’origine. « En direct » signifie que la société de transport publie réellement la position du véhicule : c’est le cas de la STIB et du TEC. « Calculé » signifie que personne ne publie cette position, et que l’application la déduit de l’horaire théorique, éventuellement corrigée par le retard annoncé : c’est le cas de De Lijn et de la SNCB. Autrement dit, une partie des points qui bougent sur votre écran sont des observations, et l’autre partie sont des estimations. La plupart des applications de ce type entretiennent le flou sur ce point. Celle-ci l’écrit noir sur blanc, et considère que la différence entre voir et supposer mérite d’être dite.
Le peu que nous avons pu vérifier tient la route
Nous avons regardé la carte à Liège en début de soirée, puis comparé avec ce qui arrivait réellement en rue. Sur le boulevard de la Sauvenière, le tram de la ligne T1 apparaissait en jaune vif, glissant le long de son tracé vers le Pont d’Avroy, et sa position collait à quelques dizaines de mètres près à la réalité. Les bus du TEC affichés autour, eux aussi en direct, se sont montrés tout aussi crédibles. Ce n’est pas une campagne de mesures, c’est un contrôle de bon sens sur une poignée de véhicules, mais le résultat est assez juste. (Vérifier une application en regardant simplement par la fenêtre reste la meilleure méthode du monde ! 🙂)
OĂą la trouver
L’application se télécharge normalement, dans les deux magasins : App Store pour iPhone et iPad, et PlayStore pour Android. C’est gratuit, sans compte et sans inscription. Ceux qui préfèrent ne rien installer trouveront la même carte dans leur navigateur, à l’adresse openbaarvervoerbelgie.be, que l’on peut au besoin ajouter à l’écran d’accueil. Hors connexion, le fond de carte reste affiché mais les véhicules disparaissent, ce qui est assez logique pour des positions qui arrivent par le réseau.
Ce qu’il faut garder en tête
Le projet est indépendant et le revendique : il n’est ni un service public, ni une application officielle d’un des quatre opérateurs, et il le répète sur chacune de ses pages. Pour un titre, un tarif ou un horaire qui engage, ce sont les sources officielles qui font foi, pas cette carte. Deux réserves encore. La première : la qualité de ce que vous voyez dépend entièrement de ce que les sociétés de transport veulent bien publier, et ovlive n’y peut rien. La seconde est plus gênante pour un projet qui fait de la transparence son argument. Sa politique de confidentialité, datée d’août dernier, indique que le site enregistre des sessions et des cartes de chaleur via un outil de Microsoft, afin de voir où les gens cliquent et comment ils font glisser leur doigt. C’est courant, c’est annoncé, mais cela détonne. Et la fonction « Famille », qui propose de suivre son enfant en direct et que l’on voit apparaître dans l’application, n’est pas décrite dans cette politique : avant de confier les trajets d’un enfant à un service, on aime savoir où ces informations atterrissent. L’éditeur, une société établie dans la banlieue anversoise, gagnerait à mettre ce document à jour.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Lundi 7 septembre 2026