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Le Bien Heureux · Belgique Cinq parutions par jour
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Dimanche 6 septembre 2026 Édition du matin N° 11
Bien expliquĂ© Vendredi 4 septembre · Au creux de l’aprĂšs-midi

Quid des NAS en 2026 ? Et Home Assistant lĂ -dedans ?

UGREEN prĂ©sente un boĂźtier Ă  1 799 dollars qui veut ĂȘtre le cerveau de la maison. Votre NAS Ă  700 euros en fait dĂ©jĂ  l’essentiel, Home Assistant compris.

Un boßtier de NAS domestique posé sur un bureau, deux baies de disques
© DYVER · CC BY-SA 4.0

UGREEN a profitĂ© de l’IFA pour montrer autre chose qu’un serveur de fichiers : le HomeAgent, un boĂźtier qui reprend le chĂąssis et le systĂšme de ses NAS, mais qui se prĂ©sente comme le cerveau de la maison connectĂ©e. L’occasion de poser la question qui intĂ©resse vraiment : Ă  quoi sert un NAS en 2026, et est-ce qu’il peut faire tourner Home Assistant ?

Ce que UGREEN a annoncé

Trois machines. Le HomeAgent HA100 embarque une puce Rockchip RK3588, seize gigaoctets de mĂ©moire et annonce vingt-six TOPS de calcul pour l’intelligence artificielle, avec un emplacement M.2 dĂ©diĂ© au stockage des modĂšles. Le HA100 Pro monte Ă  deux cent cinq TOPS. Et au sommet, le MasterAgent MA100 embarque une carte NVIDIA Jetson Thor et cent vingt-huit gigaoctets de mĂ©moire, avec un discours qui parle de robots humanoĂŻdes.

Le tout tourne sous UGOS Pro, le systĂšme Linux maison dĂ©jĂ  utilisĂ© par leurs NAS, avec un assistant vocal local baptisĂ© Uliya, adossĂ© au modĂšle ouvert Qwen3. Sur le papier : reconnaissance de personnes, de vĂ©hicules, d’animaux et de colis sur les camĂ©ras, recherche dans les vidĂ©os par mots-clĂ©s, compatibilitĂ© Matter, et aucun abonnement obligatoire puisque tout est censĂ© se calculer Ă  la maison.

Les chiffres qui doivent vous arrĂȘter

Mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf dollars pour le modĂšle d’entrĂ©e, ramenĂ©s Ă  huit cent quatre-vingt-dix-neuf en prĂ©commande. Cinq mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pour le Pro, la moitiĂ© en prĂ©commande. Presque vingt mille pour le MA100, la moitiĂ© Ă©galement.

Un prix public exactement double du prix de lancement n’est pas une remise, c’est une mĂ©thode. Ajoutez le reste : acompte de cinquante pour cent, campagne de financement participatif prĂ©vue fin octobre, et livraisons annoncĂ©es pour fin janvier 2027 pour la premiĂšre machine, fin juillet 2027 pour la derniĂšre. Autrement dit, vous avancez la moitiĂ© du prix d’un produit qui n’existe pas encore, et vous portez le risque industriel Ă  la place du fabricant.

Pendant ce temps, le NAS ordinaire

Comparez avec ce qui est en vente aujourd’hui. Le NASync DXP4800 Plus du mĂȘme fabricant tourne autour de sept cents euros : processeur Intel Pentium Gold Ă  cinq cƓurs, huit gigaoctets de mĂ©moire extensibles Ă  soixante-quatre, quatre baies plus deux emplacements M.2, une prise rĂ©seau Ă  dix gigabits. Les tests saluent un systĂšme rĂ©actif et moderne, qui sait faire tourner des conteneurs Docker et des machines virtuelles.

Ils relĂšvent aussi ce qui manque : pas d’instantanĂ©s Btrfs malgrĂ© la prise en charge du systĂšme de fichiers, pas de LUN iSCSI, pas de proxy inverse ni de serveur VPN intĂ©grĂ©s, et des traductions approximatives qui trahissent la jeunesse du logiciel. C’est un bon NAS qui n’a pas encore la maturitĂ© de ses concurrents.

Et Home Assistant, alors ?

Oui, ça marche, et c’est mĂȘme la façon la plus raisonnable d’aborder la domotique sur ces machines. Home Assistant s’installe en conteneur Docker : le cƓur fonctionne, les appareils Matter en Wi-Fi se dĂ©clarent normalement, et le partage multi-administrateurs permet de garder les mĂȘmes objets dans Apple Home en parallĂšle.

Deux limites, prĂ©cises. La premiĂšre : les modules complĂ©mentaires officiels exigent Home Assistant OS et ne s’installent donc pas dans un conteneur. Il faut les remonter un par un sous forme de conteneurs sĂ©parĂ©s, ce qui est faisable mais demande d’y passer une soirĂ©e. La seconde concerne le Thread : la mise en service des objets Ă©chouait tant que le NAS n’acceptait pas les options de route IPv6, et le rĂ©glage Linux habituel ne survit pas au redĂ©marrage sur ces machines. Il faut passer par un service systemd maison.

L’alternative existe : installer Home Assistant OS dans une machine virtuelle. Plus gourmand en mĂ©moire, mais on retrouve tous les modules complĂ©mentaires et la mise Ă  jour d’un seul bloc.

Alors, quel NAS en 2026 ?

La bonne question n’est pas le nombre de TOPS affichĂ© sur la boĂźte. C’est : la machine sait-elle faire tourner des conteneurs et une machine virtuelle sans se plaindre, et pourrez-vous la rĂ©parer, l’ouvrir, changer ses disques ? Un NAS Ă  sept cents euros qui hĂ©berge Home Assistant, votre serveur multimĂ©dia et vos sauvegardes fait dĂ©jĂ  l’essentiel de ce qu’on vous vend comme un cerveau domotique. L’intelligence artificielle locale, elle, s’ajoute quand elle sera mĂ»re, et de prĂ©fĂ©rence quand elle ne coĂ»tera plus le prix d’un ordinateur portable haut de gamme.

(Il y a une ironie Ă  voir le mĂȘme fabricant vendre d’un cĂŽtĂ© la machine qui fait dĂ©jĂ  le travail, et de l’autre la promesse de celle qui le fera peut-ĂȘtre en 2027 😉)

En bref

Le NAS de 2026 n’a pas besoin d’ĂȘtre un cerveau : il a besoin d’ĂȘtre un socle honnĂȘte, ouvert aux conteneurs. Home Assistant y tourne trĂšs bien, Ă  condition d’accepter une soirĂ©e de configuration.

Sources : Frandroid ; IT-Connect (annonce HomeAgent et test du DXP4800 Plus) ; carnet technique de Sergey Tihon sur Home Assistant et Matter en conteneur.