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Le Bien Heureux · Belgique Cinq parutions par jour
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Dimanche 6 septembre 2026 Édition du matin N° 11
Bien expliquĂ© Mercredi 2 septembre · Ă€ l’heure de l’apĂ©ro

Sony affirme en justice que les joueurs ne possèdent pas leurs jeux numériques (sic!)

Poursuivie par quatre joueurs, Sony soutient devant un tribunal qu'un jeu acheté sur le PlayStation Store n'appartient pas à celui qui l'achète.

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© Playstation Store - Scrennshot

Pour démontrer que vous ne possédez pas vos jeux, les avocats de Sony ont choisi un exemple frappant. Si acheter voulait vraiment dire posséder, une seule personne pourrait acheter un jeu, et tous les autres en seraient privés.

Quatre joueurs poursuivent l’entreprise devant un tribunal de Caroline du Nord. Ils lui reprochent d’entretenir la confusion entre une licence d’utilisation et un droit de propriĂ©tĂ©, et visent un Ă©lĂ©ment prĂ©cis : le bouton « Acheter » du PlayStation Store.

L’argument que Sony assume

La dĂ©fense repose sur un raisonnement par l’absurde. Si le plaignant Heycock avait Ă©tĂ© empĂŞchĂ© d’acquĂ©rir Resident Evil Requiem le 25 fĂ©vrier parce que Mendoza l’avait pris le 14, alors Mendoza en serait rĂ©ellement propriĂ©taire. Puisque ce n’est pas le cas, c’est qu’il ne possède rien. Sony ajoute qu’un joueur raisonnable le sait dĂ©jĂ .

Le raisonnement est juridiquement cohérent. Il est aussi inconfortable à lire quand on vient de cliquer sur « Acheter ».

Ce que les plaignants opposent

Ils invoquent une loi californienne, AB2426, qui oblige les boutiques en ligne Ă  indiquer clairement que le client acquiert une licence. Leur point n’est pas de nier le fonctionnement des licences. Il est de dire qu’un bouton portant le mot « Acheter » raconte autre chose. (Alors que quand on achetait un disque physique, on achetait un support, et juste une licence!)

L’affaire est amĂ©ricaine et son issue ne s’appliquera pas directement en Europe. Elle Ă©claire pourtant une question que pose la ludothèque de tout le monde : que reste-t-il quand la boutique ferme ?

En bref : Sony n’a pas tort sur le droit. C’est bien le problème.