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Dimanche 6 septembre 2026 Édition du matin N° 11
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It runs doom!!

GPT-5.6 Sol a conçu dans Turing Complete un processeur virtuel capable de lancer un port de Doom : une démonstration brillante, mais encore très loin d’un PC à acheter.

Depuis 1993, Doom est devenu le test officieux de toute machine qui ose prétendre être un ordinateur. La question « can it run Doom? » ne mesure pas vraiment la puissance : elle vérifie surtout si quelqu’un a réussi à faire entrer un moteur de jeu, un affichage et des commandes dans un appareil qui n’avait rien demandé. Et, avec le temps, la définition de « faire tourner » s’est parfois étirée comme un vieux câble USB.

Doom affiché dans Microsoft Paint
DOOM affiché via Microsoft Paint — photo : Mark Russinovich / Tom’s Hardware.

Du vrai moteur… ou un diaporama très motivé ?

Le cas le plus parlant est DoomPaint, le projet de Mark Russinovich, directeur technique d’Azure. Le moteur original fonctionne réellement, tandis que Paint sert de surface d’affichage : les images sont envoyées dans le document comme une sorte de moniteur improbable. Le résultat peut atteindre plusieurs dizaines d’images par seconde selon la configuration, ce qui est nettement plus convaincant qu’un simple GIF.

Doom affiché avec des bactéries E. coli
Doom sur un affichage de bactéries fluorescentes — photo : Lauren “Ren” Ramlan / Engadget.

Les bactéries E. coli ont fourni l’exemple le plus délicieusement excessif. Elles ne calculent pas le jeu : des protéines fluorescentes les font agir comme des pixels dans un écran biologique de 32 × 48 points. Un seul cadre demande environ 70 minutes à s’allumer, puis plusieurs heures à revenir à l’état initial. Techniquement, c’est donc davantage un écran vivant qu’un PC intestinal. L’exploit reste remarquable ; le mode multijoueur attendra quelques siècles.

Des écouteurs, une imprimante et une machine-outil

Doom sur des écouteurs PineBuds Pro
Doom porté sur des écouteurs PineBuds Pro — photo : Arin Sarkisian / PC Gamer.

Les PineBuds Pro, des écouteurs à firmware ouvert, disposent d’un processeur assez solide pour un port adapté. En poussant la puce à 300 MHz et en désactivant les économies d’énergie, le projet Doombuds atteint environ 18 images par seconde. On ne conseille pas de remplacer son casque audio par une console, mais au moins le matériel exécute bien le jeu.

Doom sur un contrôleur d’imprimante Agfa
Doom sur un contrôleur d’imprimante Agfa Compugraphic 9000PS — photo : Adrian’s Digital Basement / Tom’s Hardware.

Un contrôleur de prépresse Agfa vieux d’environ quarante ans a lui aussi reçu un nouveau firmware, une sortie vidéo et une sortie audio pour lancer Doom sur son Motorola 68020. Plus récemment, une Prusa CORE One affiche E1M1 directement sur sa carte xBuddy : le bouton rotatif sert de commande, le buzzer produit les effets et les moteurs jouent la musique, à environ 7 images par seconde. Dans ces deux cas, on parle bien de calcul sur le matériel ciblé, pas d’une vidéo lue à côté.

Pourquoi toujours Doom ?

Le jeu d’id Software est ancien, documenté, portable et relativement léger. Son code source et ses nombreux ports permettent de tester une architecture, un écran ou un périphérique sans écrire un jeu complet. C’est devenu un rite de passage pour les bidouilleurs : l’intérêt n’est pas de gagner la partie, mais de prouver que la machine peut afficher, calculer, stocker et répondre aux commandes.

Sources et crédits : Tom’s Hardware — DoomPaint · Engadget — affichage bactérien · PC Gamer — Doombuds · Tom’s Hardware — contrôleur Agfa · projet Prusa CORE One

En bref :

« It runs Doom » ne veut pas dire que l’appareil devient une console : parfois il calcule vraiment, parfois il sert seulement d’écran biologique ou de moniteur bricolé. Mais tant qu’il reste un objet improbable, un peu de code et beaucoup de mauvaise foi technique, quelqu’un tentera encore de lui faire tirer sur un démon!!