Orange, Vodafone, Telefónica et Deutsche Telekom préparent un « Starlink » européen pour smartphones
Quatre géants européens du mobile envisagent une offre commune pour relier les smartphones aux satellites, face à Starlink. Ce qui est prévu, et ce qui manque.

EDIT 1 · 21:39 : précisions sur les fréquences en jeu, selon Numerama. La bande des 2 GHz, commune à toute l’Union européenne, est exploitée depuis 2009 par deux sociétés américaines, Viasat (qui a racheté le britannique Inmarsat en 2023) et EchoStar. Leurs autorisations expirent en mai 2027. Or SpaceX a racheté les droits d’EchoStar sur cette bande. En mai 2026, la Commission européenne a proposé de la découper en trois parts égales : une pour les usages gouvernementaux et militaires, dont la future constellation européenne IRIS², attendue à partir de 2029 ; une réservée aux nouveaux entrants européens ; une ouverte à tous. Selon Light Reading, cité par Numerama, SpaceX devrait alors refaire une demande, sur la seule part ouverte aux acteurs non européens. Selon le Financial Times, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE a averti que les entreprises européennes risquaient des représailles « dévastatrices » si Bruxelles restreignait l’accès de SpaceX.
Le 19 octobre 2026, Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone ont signé une lettre d’intention pour étudier une candidature commune aux futures fréquences européennes réservées aux services mobiles par satellite. Leur objectif : permettre à un smartphone ordinaire de se connecter directement à un satellite là où aucune antenne ne passe, un service que SpaceX propose déjà avec Starlink.
Des antennes au sol, pas de fusées
Les quatre opérateurs ne comptent pas lancer de satellites. Selon leur communiqué commun, ils construiraient en Europe l’infrastructure au sol ainsi que les fonctions de coordination et de surveillance du réseau. La constellation viendrait d’un partenaire satellite encore à choisir. Le service serait ouvert, sans discrimination, à tous les opérateurs mobiles qui voudraient le proposer à leurs clients.
Les promoteurs mettent en avant la couverture des zones mal desservies, la résilience des réseaux en cas de catastrophe et la protection des communications critiques. Ils s’inscrivent ouvertement dans la volonté de la Commission européenne de renforcer la souveraineté de l’Europe sur ses infrastructures de connectivité.
Une bataille de fréquences contre SpaceX
Le nerf de la guerre, ce sont les fréquences. En mai, l’Union européenne a évoqué l’idée de réserver une partie de la bande des 2 GHz à des entreprises européennes pour ces services, selon le Financial Times cité par The Verge. SpaceX a critiqué ce projet, en affirmant qu’il dégraderait le service en Ukraine. Aux États-Unis, AT&T, T-Mobile et Verizon ont annoncé plus tôt dans l’année une collaboration similaire pour mettre leurs fréquences en commun dans les zones blanches.
Ce qui manque encore
Tout reste à faire. Une lettre d’intention n’engage à rien : ni date, ni partenaire satellite, ni prix ne sont annoncés, et le texte précise qu’il ne remplace pas les partenariats satellitaires existants des opérateurs. Pour la Belgique, Orange est la maison mère d’Orange Belgium, mais le communiqué ne cite aucun pays ; Proximus ne fait pas partie de l’initiative.
En bref
- Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone ont signé une lettre d’intention le 19 octobre 2026.
- Ils visent les futures fréquences européennes pour relier directement les smartphones aux satellites.
- Ils géreraient le réseau au sol ; un partenaire encore inconnu fournirait les satellites.
- Aucune date, aucun prix ni aucun pays de lancement n’est annoncé.
Sources : Deutsche Telekom, communiqué commun (19 octobre 2026) ; The Verge (19 octobre 2026).
Le Bien Heureux · Rédaction Capibara · Mardi 20 octobre 2026