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Le Bien Heureux · Belgique
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Jeudi 8 octobre 2026 Édition du matin N° 43
ActualitĂ©s · À l’heure de l’apĂ©ro · ≈ 3 min de lecture

Une carte Ă  jouer tient au plafond avec un simple vibreur, et ce n’est pas l’effet qu’on croit

Un petit moteur vibrant suffit à plaquer une carte à jouer au plafond, sans colle ni ventouse. Steve Mould en démonte le mécanisme, plus subtil que prévu.

Portrait de Steve Mould souriant, en 2026
Steve Mould, vulgarisateur scientifique britannique, en 2026. © Mateusz Malta / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Posez un petit moteur vibrant sur une carte Ă  jouer, approchez le tout d’un plafond : la carte y reste, sans colle, sans aimant et sans le toucher vraiment. Le vulgarisateur britannique Steve Mould en a fait le sujet d’une vidĂ©o publiĂ©e le 30 septembre 2026, rĂ©sumĂ©e par Hackaday, dont proviennent les dĂ©tails qui suivent.

La fausse piste de Bernoulli

L’explication qui vient d’abord Ă  l’esprit est la pince de Bernoulli, un outil industriel qui souffle de l’air entre lui-mĂȘme et l’objet Ă  saisir : le flux rapide crĂ©e une dĂ©pression, et l’objet est aspirĂ© sans contact. C’est ainsi qu’on manipule les galettes de silicium sans les salir.

Mould dit lui-mĂȘme avoir cru Ă  ce mĂ©canisme, avant de constater que le phĂ©nomĂšne est diffĂ©rent. Ici, pas de flux d’air constant, et l’espace entre la carte et le plafond est bien plus mince.

Une pompe Ă  air faite d’ondes

Tout repose sur la souplesse de l’objet. La carte vibre avec le moteur et se couvre d’ondes stationnaires, des ondulations qui battent sur place. ApprochĂ©e d’une surface rigide, elle voit ces ondes devenir progressives : elles se dĂ©placent, et chassent en continu l’air qui tente d’entrer dans l’interstice.

La pression y devient plus faible qu’autour. L’atmosphĂšre plaque alors la carte vers le plafond, Ă  la maniĂšre d’une ventouse qui ne toucherait pas son support. Condition indispensable : un objet assez flexible pour onduler. Une plaque rigide ne colle pas.

De la carte Ă  jouer au poids d’un homme, presque

La vidĂ©o tente de passer Ă  l’Ă©chelle avec un transducteur de 400 W, pour suspendre une personne. L’essai plafonne Ă  quelques dizaines de kilos, peut-ĂȘtre parce que le faux plafond utilisĂ© n’Ă©tait pas assez rigide et dissipait l’Ă©nergie, avance Hackaday.

L’idĂ©e intĂ©resse surtout les roboticiens. Une prĂ©publication de Siqian Li et de trois coauteurs, dĂ©posĂ©e en avril 2025 et rĂ©visĂ©e en juillet 2025, dĂ©crit un systĂšme d’adhĂ©sion par vibration pour petits robots grimpeurs : un disque souple, un moteur Ă©lectrique, et une force d’adhĂ©sion supĂ©rieure Ă  51 fois le poids du dispositif, selon leurs mesures. Autre avantage relevĂ© par les auteurs : presque pas de frottement latĂ©ral, donc un robot qui tient au mur tout en glissant vite. Le texte n’a pas Ă©tĂ© relu par des pairs.

Le matĂ©riel de dĂ©part, lui, se rĂ©sume Ă  un vibreur de tĂ©lĂ©phone et Ă  une carte. Peu d’expĂ©riences de physique laissent une dame de cƓur au plafond du salon.

En bref

  • Un moteur vibrant posĂ© sur une carte souple suffit Ă  la faire adhĂ©rer Ă  un plafond, sans contact direct.
  • MĂ©canisme : des ondes progressives chassent l’air de l’interstice et y font baisser la pression.
  • Ce n’est pas une pince de Bernoulli, et cela ne marche qu’avec un objet flexible.
  • Une prĂ©publication de 2025 annonce une adhĂ©sion de plus de 51 fois le poids pour des robots grimpeurs.

Sources : Steve Mould, YouTube (30 septembre 2026) ; Hackaday (2 octobre 2026) ; Li et al., arXiv:2504.05351