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Le Bien Heureux · Belgique
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Samedi 10 octobre 2026 Édition du soir N° 45
ActualitĂ©s · Ă€ l’heure du sandwich · ≈ 3 min de lecture

TP-Link poursuivi par quatre États amĂ©ricains, qui l’accusent de cacher ses liens avec la Chine

Floride, Montana, Iowa et Nebraska attaquent TP-Link pour tromperie sur la sécurité de ses routeurs. Le fabricant conteste. En Europe, rien ne change.

Routeur Wi-Fi TP-Link Archer A6 noir à quatre antennes, voyants verts allumés
Un routeur TP-Link Archer A6, modèle grand public photographié en 2024. © Paowee · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le routeur Wi-Fi le plus vendu des rayons amĂ©ricains se retrouve au tribunal. Le 6 octobre 2026, les procureurs gĂ©nĂ©raux de Floride, du Montana, de l’Iowa et du Nebraska ont chacun assignĂ© TP-Link Systems, en l’accusant d’avoir trompĂ© les consommateurs sur la sĂ©curitĂ© de ses appareils et sur ses attaches chinoises. Le fabricant dĂ©nonce des plaintes « bâties sur de fausses prĂ©misses ».

Ce que reprochent les États

Les quatre plaintes s’appuient sur les lois locales de protection des consommateurs : elles ne visent pas une faille prĂ©cise, mais ce que TP-Link dit, ou ne dit pas, Ă  ses clients. D’après le procureur du Nebraska, l’entreprise affirme avoir rompu avec ses activitĂ©s en Chine et transfĂ©rĂ© sa production au Vietnam, alors qu’elle dĂ©pendrait toujours de recherche et de fabrication chinoises, et que l’essentiel des composants assemblĂ©s au Vietnam viendrait de Chine.

Les plaignants ajoutent que des routeurs TP-Link ont Ă©tĂ© exploitĂ©s par des pirates liĂ©s aux États chinois et russe. Le Nebraska attribue Ă  la marque au moins 60 % du marchĂ© amĂ©ricain de dĂ©tail des routeurs domestiques et pour petits bureaux : c’est le chiffre de l’accusation.

Ce que répond TP-Link

Dans un communiquĂ© du 6 octobre, TP-Link Systems se prĂ©sente comme une sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine indĂ©pendante, basĂ©e en Californie, qui n’est dĂ©tenue ni contrĂ´lĂ©e par aucun gouvernement Ă©tranger. Elle affirme que ses appareils vendus aux États-Unis sont fabriquĂ©s au Vietnam et dit avoir fourni depuis des mois aux États des documents « clairs et vĂ©rifiables ».

Ă€ ce stade, aucun juge ne s’est prononcé : ce sont des accusations, pas des faits Ă©tablis.

Un fabricant déjà coincé par Washington

Ces procès s’ajoutent Ă  une mesure fĂ©dĂ©rale. Il y a environ six mois, le rĂ©gulateur amĂ©ricain des tĂ©lĂ©coms (FCC) a interdit les nouveaux routeurs grand public produits en tout ou en partie hors des États-Unis, rapporte Ars Technica. Netgear, Asus, Amazon ou Starlink ont obtenu des dĂ©rogations ; TP-Link, non. La marque ne peut donc pas vendre ses derniers modèles Wi-Fi 8 aux États-Unis, mais Ă©coule toujours ceux approuvĂ©s avant l’interdiction.

On notera la logique : presque tous les routeurs du monde sont fabriquĂ©s en Asie, et la diffĂ©rence entre un appareil tolĂ©rĂ© et un appareil banni tient pour l’instant Ă  un formulaire de dĂ©rogation.

Et le routeur TP-Link du salon ?

Ces procĂ©dures sont amĂ©ricaines. Les documents consultĂ©s ne mentionnent aucune mesure en Belgique ni dans l’Union europĂ©enne, et rien n’y indique un dĂ©faut propre aux modèles vendus ici.

Le bon rĂ©flexe vaut pour toutes les marques : installer les mises Ă  jour du micrologiciel, remplacer le mot de passe d’administration d’origine et couper l’administration Ă  distance si l’on ne s’en sert pas. Un routeur oubliĂ© dans un coin est une cible, quel que soit le logo.

En bref

  • Quatre États amĂ©ricains ont assignĂ© TP-Link le 6 octobre 2026 pour pratiques trompeuses sur la sĂ©curitĂ© de ses routeurs et ses liens avec la Chine.
  • TP-Link conteste et se dit sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine indĂ©pendante, produisant au Vietnam.
  • Aucune dĂ©cision de justice Ă  ce stade, et aucune mesure europĂ©enne citĂ©e.

Sources : Procureur général du Nebraska, communiqué ; TP-Link Systems, déclaration du 6 octobre 2026 ; Ars Technica (7 octobre 2026)