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Le Bien Heureux · Belgique
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Samedi 10 octobre 2026 Édition du soir N° 45
ActualitĂ©s · Au creux de l’après-midi · ≈ 3 min de lecture

Tesla renonce au nom « Full Self-Driving » en Europe : Berlin le jugeait trompeur

En Europe, le « Full Self-Driving » de Tesla devient « Tesla Assisted Driving ». Le ministre allemand des Transports promet de pousser son homologation.

Vue depuis le siège conducteur d'une Tesla Model X sur autoroute : le volant, l'écran d'instruments et un camion sur la voie de droite.
L'Autopilot engagé dans une Tesla Model X en 2017, ancêtre du système que Tesla renomme en Europe. © Ian Maddox / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« Conduite entièrement autonome » pour un système qui exige un conducteur attentif Ă  chaque instant : le ministère allemand des Transports a trouvĂ© l’appellation « quelque peu trompeuse ». Tesla a proposĂ© d’en changer. En Europe, son Full Self-Driving (Supervised) s’appellera Tesla Assisted Driving, soit « conduite assistĂ©e ».

Ce que le ministère reproche au nom

La page publiĂ©e par le ministère fĂ©dĂ©ral des Transports est sans dĂ©tour. Le système n’assume pas toute la tâche de conduite : il assiste l’accĂ©lĂ©ration, le freinage et la direction, et le conducteur doit rester attentif en permanence. Le ministre Steffen Bilger dit avoir Ă©changĂ© avec Tesla en septembre 2026 et trouvĂ© « rapidement » un terrain d’entente.

Le constructeur tenait pourtant à ce nom depuis des années. TechCrunch, qui a rapporté le changement le 9 octobre 2026, y voit une vraie concession.

Un nom plus modeste, et 10 % de vitesse en plus

L’accord ne porte pas que sur le vocabulaire. Le ministère et Tesla se sont entendus pour que le système puisse dĂ©passer la vitesse autorisĂ©e de 10 % au maximum, ce que Berlin se dit prĂŞt Ă  dĂ©fendre dans la procĂ©dure europĂ©enne, au motif qu’un lĂ©ger dĂ©passement peut fluidifier le trafic. Le ministère qui trouvait le mot « autonome » exagĂ©rĂ© accepte donc que la voiture roule un peu trop vite toute seule.

Second point acté : la responsabilitĂ©. Puisqu’il s’agit d’une aide Ă  la conduite, la personne au volant reste responsable « à 100 % » de la conduite du vĂ©hicule, Ă©crit le ministère.

La suite se joue au niveau européen

Steffen Bilger annonce qu’il plaidera pour une homologation rapide dans toute l’Union. Une procĂ©dure de reconnaissance est en cours au niveau europĂ©en, suivie par l’Allemagne avec son office des vĂ©hicules, l’autoritĂ© nĂ©erlandaise d’homologation et Tesla. Les Pays-Bas ont Ă©tĂ© le premier pays europĂ©en Ă  autoriser le système, rappelle TechCrunch, qui Ă©voque un vote europĂ©en possible d’ici la fin de 2026.

Le dossier n’est pas consensuel. TechCrunch cite une enquĂŞte de Reuters du 7 octobre 2026 selon laquelle la campagne de Tesla s’appuie sur des Ă©tudes de sĂ©curitĂ© dĂ©faillantes, et dĂ©crit de fortes pressions exercĂ©es sur le rĂ©gulateur nĂ©erlandais. Nous n’avons pas consultĂ© cette enquĂŞte directement.

En bref

  • En Europe, « Full Self-Driving (Supervised) » devient « Tesla Assisted Driving », sur proposition de Tesla.
  • Le ministère allemand des Transports jugeait le nom trompeur : le conducteur doit rester attentif et reste responsable Ă  100 %.
  • L’accord prĂ©voit que le système puisse dĂ©passer la limite de vitesse de 10 % au maximum.
  • L’homologation dans toute l’Union n’est pas acquise : la procĂ©dure europĂ©enne est en cours.

Sources : ministère fédéral allemand des Transports ; TechCrunch, 9 octobre 2026.