500 000 visages scannés dans les gares de Londres, une seule alerte, et elle était fausse
Six mois de reconnaissance faciale, 320 786 £ et près de 100 heures de policiers : aucune bonne identification. La police prolonge pourtant l'essai.

Une caméra de reconnaissance faciale a une mission simple : repérer quelqu’un. Dans les gares de Londres, celle de la British Transport Police a regardé plus d’un demi-million de visages en six mois. Elle a cru reconnaître une personne. Ce n’était pas elle.
Le bilan en quatre chiffres
Les données viennent d’une demande d’accès aux documents administratifs obtenue par Liberty Investigates, la cellule d’enquête de l’association de défense des libertés Liberty, et publiée par le Guardian le 29 septembre. De février à juillet 2026, l’essai a compté 18 déploiements dans de grandes gares londoniennes et plus de 500 000 visages scannés.
Coût de la location du matériel et du personnel : 320 786 £, pour près de 100 heures de travail de policiers. Résultat : une seule alerte sur la liste de personnes recherchées, un faux positif, et aucune arrestation.
Le principe : les caméras filment une zone de circulation, le logiciel NEC NeoFace compare chaque visage à une liste de surveillance, et un agent vérifie avant d’intervenir. La police assure effacer immédiatement les données des personnes qui ne figurent pas sur la liste.
Et donc, on continue
La conclusion de la police n’est pas celle qu’on devine. L’essai a été prolongé de quatre mois et étendu au métro londonien. La British Transport Police précise au Guardian que, depuis la prolongation, trois alertes ont été confirmées, concernant des personnes dont on a ensuite vérifié qu’elles respectaient leurs obligations judiciaires. Le système reconnaît donc parfois quelqu’un, mais pour constater que tout va bien.
Big Brother Watch trouve le bilan « risible », si ses conséquences sur les libertés n’étaient pas si sérieuses. Fraser Sampson, ancien commissaire britannique à la biométrie, devenu administrateur d’une société de reconnaissance faciale pour commerces, rappelle que la police doit démontrer la proportionnalité d’un tel dispositif.
Reste une comptabilité cruelle : à ce stade, chaque visage scanné a coûté au plus 64 pence. Le prix d’une bonne identification pendant l’essai initial, lui, reste impossible à calculer : il n’y en a eu aucune.
En bref
- Six mois d’essai, plus de 500 000 visages, 320 786 £ dépensées.
- Une alerte, fausse, et aucune arrestation pendant l’essai initial.
- Essai prolongé et étendu au métro de Londres, avec trois alertes confirmées depuis.
Sources : The Guardian, d’après un document obtenu par Liberty Investigates ; The Register.
Le Bien Heureux · Rédaction Capibara · Jeudi 1 octobre 2026