Le mode IA de Google rapporte moins que la recherche classique, alors il va se remplir de publicités
Chaque question posée au mode IA rapporte moins à Google qu'une recherche classique. Sa parade : étendre la publicité dans ce mode à d'autres pays.

Google gagne toujours énormément d’argent, mais moins vite que prévu. Le mercredi 28 octobre 2026, Alphabet, sa maison mère, a publié ses résultats du troisième trimestre : près de 128 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 25 %, et 26,2 milliards de bénéfice net, contre 35 milliards un an plus tôt. Le jeudi 29 octobre, l’action a perdu environ 11 %, l’une des plus fortes pertes de valeur en une séance de l’histoire de Wall Street selon le Financial Times, cité par Next.
L’aveu : le mode IA rapporte moins
La recherche reste le cœur du groupe, et sa croissance ralentit : 12 % sur un an au troisième trimestre, contre 17 % au deuxième et 19 % au premier. Philipp Schindler, directeur commercial, attribue ce coup de frein à une « monétisation plus faible » dans le mode IA, la version conversationnelle du moteur, qui répond par un texte au lieu d’une liste de liens.
Ars Technica résume le problème : une question posée au mode IA rapporte moins qu’une recherche équivalente, parce qu’elle affiche moins de publicités, vendues moins cher. Plus Google pousse ses utilisateurs vers l’IA, plus il fragilise sa propre machine à revenus.
La parade : des annonces dans la conversation
La réponse est arrivée avec les chiffres. Les publicités du mode IA, déjà courantes aux États-Unis, vont s’étendre à d’autres pays « bientôt », sans liste publiée. Aux États-Unis, Google passe à l’étape suivante : des annonces « multi-tours », qui changent au fil des échanges avec l’assistant. Vous précisez votre besoin, la publicité s’ajuste.
Google se dit rassuré par ses tests : les utilisateurs jugeraient ces annonces pertinentes, et les fiches produits sponsorisées seraient cliquées presque autant que les autres. La plupart des questions posées au mode IA s’ajouteraient aux recherches classiques, donc autant d’occasions supplémentaires d’afficher des annonces.
Pour l’internaute, la frontière entre la réponse et la réclame s’amincit. En Europe, le règlement sur les services numériques impose aux plateformes de rendre chaque publicité clairement reconnaissable. Le réflexe à garder : chercher la mention « Sponsorisé » avant de suivre une recommandation d’achat faite par une IA.
La facture de l’IA grimpe toujours
Si Google cherche de nouveaux revenus, c’est que ses dépenses s’envolent : 51,4 milliards de dollars d’investissements au seul troisième trimestre, entre 195 et 205 milliards sur l’année 2026, et plus de 300 milliards visés en 2027, selon Ars Technica. Le cloud de Google, lui, a dépassé 30 milliards de revenus sur le trimestre et sert d’argument pour continuer.
Les sites qui vivaient des clics venus de Google en reçoivent moins, Reddit en tête. Google, lui, découvre que la réponse directe rapporte moins que le lien. Les deux constats racontent la même histoire : l’IA change qui paie, et qui est payé, sur le web.
En bref
- Alphabet a publié le 28 octobre 2026 un bénéfice en recul, et son action a perdu environ 11 % le 29 octobre.
- Google reconnaît que son mode IA rapporte moins que la recherche classique.
- Les publicités du mode IA vont s’étendre à d’autres pays ; aux États-Unis, elles s’adapteront à la conversation.
- Investissements dans l’IA : jusqu’à 205 milliards de dollars en 2026, plus de 300 milliards visés en 2027.
Sources : Next, Ars Technica.
Cet article…
Le Bien Heureux · Rédaction Capibara · Vendredi 30 octobre 2026