Le fisc néerlandais renonce à Microsoft 365 dans le cloud : messagerie sur ses propres serveurs dès 2027
Le fisc des Pays-Bas abandonne le déploiement de Microsoft 365 dans le cloud public pour ses propres serveurs et de l'open source européen, d'ici 2028.

Cinq mille agents du fisc nĂ©erlandais travaillaient dĂ©jĂ dans Microsoft 365 quand le projet s’est arrĂŞtĂ©. Dans une lettre adressĂ©e au Parlement le 5 octobre 2026, le secrĂ©taire d’État aux Finances, Eelco Eerenberg, confirme le changement de cap : l’administration fiscale, les douanes et le service des allocations choisissent une solution hĂ©bergĂ©e sur leurs propres serveurs, combinĂ©e Ă de l’open source.
Ce que l’audit reprochait au projet
Le coup d’arrĂŞt vient d’un avis rendu le 29 juin 2026 par le collège qui Ă©value les grands projets informatiques de l’État nĂ©erlandais, l’Adviescollege ICT-toetsing. Sa conclusion est sèche : la solution retenue « n’est pas adaptĂ©e » au fisc. La sĂ©curitĂ© de l’information y est jugĂ©e insuffisante, pour la confidentialitĂ© comme pour la disponibilitĂ©. Et le choix d’une solution unique, sans stratĂ©gie de sortie praticable, enferme l’administration chez un fournisseur et rĂ©duit sa souverainetĂ© numĂ©rique.
Le reproche vise ce dĂ©ploiement prĂ©cis, pas le produit en gĂ©nĂ©ral. ZDNet relève par exemple que la configuration prĂ©vue reposait sur le chiffrement standard de Microsoft, plutĂ´t que sur un chiffrement Ă double clĂ© qui aurait laissĂ© davantage de contrĂ´le Ă l’administration.
Le calendrier, et ses angles morts
La lettre fixe deux Ă©tapes. En 2027, la messagerie et l’agenda fonctionneront sur des serveurs contrĂ´lĂ©s par le fisc. Plus tard en 2027 et en 2028 suivront des « solutions europĂ©ennes open source » pour le stockage personnel et le travail collaboratif. Ce retour en interne est possible, prĂ©cise le secrĂ©taire d’État, parce que le fisc a rĂ©ussi Ă agrandir la capacitĂ© de ses centres de donnĂ©es.
Ce n’est pas un adieu Ă Microsoft. L’approche consiste Ă utiliser autant que possible les licences existantes pour limiter les dĂ©penses, et la partie de la lettre consacrĂ©e au dossier ne nomme aucun logiciel de remplacement. Elle reconnaĂ®t aussi un coĂ»t : certains outils d’archivage prĂ©vus faisaient partie de Microsoft 365 et n’existent pas en version hĂ©bergĂ©e sur site. Le fisc doit encore Ă©tablir ce qu’il faudra pour les remplacer.
Un cas de plus dans une série
ZDNet, qui s’en fait l’Ă©cho le 13 octobre 2026, la range aux cĂ´tĂ©s de l’armĂ©e suisse, passĂ©e Ă Linux et Ă la suite bureautique allemande openDesk. La leçon de l’audit nĂ©erlandais vaut au-delĂ des Pays-Bas, pour toute administration tentĂ©e par une suite tout-en-un : prĂ©voir la sortie avant d’entrer.
En bref
- Le fisc néerlandais abandonne le déploiement de Microsoft 365 dans le cloud public, annonce une lettre au Parlement du 5 octobre 2026.
- Un audit de juin 2026 jugeait la solution inadaptée : sécurité insuffisante et dépendance à un seul fournisseur.
- Messagerie et agenda passeront sur les serveurs du fisc en 2027, le reste sur de l’open source europĂ©en d’ici 2028.
- Les licences Microsoft existantes restent utilisĂ©es dans l’intervalle.
Sources : lettre du secrĂ©taire d’État nĂ©erlandais aux Finances au Parlement, 5 octobre 2026 (PDF) ; Adviescollege ICT-toetsing, avis du 29 juin 2026 ; ZDNet France, 13 octobre 2026.
Le Bien Heureux · RĂ©daction Capibara · Mercredi 14 octobre 2026