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Le Bien Heureux · Belgique
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Vendredi 9 octobre 2026 Édition du matin N° 44
ActualitĂ©s · Ă€ l’heure de l’apĂ©ro · ≈ 3 min de lecture

L’ESP32 cachait un rĂ©cepteur radio logiciel : une fonction non documentĂ©e livre le signal brut

Une fonction de test jamais documentée transforme l'ESP32 en récepteur radio logiciel sur 2,4 GHz, sans matériel ajouté. L'essai se fait dans le navigateur.

Capture du logiciel Gqrx : spectre radio et chute d'eau colorée autour de 2,63 GHz, reçus par un ESP32
Un signal autour de 2,63 GHz capté par un ESP32 et affiché dans le logiciel Gqrx. © espargos.net

La puce Ă  quelques euros qui anime thermomètres connectĂ©s et guirlandes Wi-Fi sait faire autre chose que du Wi-Fi. L’Ă©quipe du projet Espargos a publiĂ© ESP-SDR, un micrologiciel qui fait de l’ESP32 un rĂ©cepteur radio logiciel, en exploitant un mode que son fabricant Espressif n’a jamais documentĂ©. Hackaday, qui s’en fait l’Ă©cho le 3 octobre 2026, signale qu’un utilisateur de Reddit est arrivĂ© au mĂŞme rĂ©sultat de son cĂ´tĂ©.

Le signal avant le modem

Une puce Wi-Fi classique ne montre Ă  son programme que des paquets dĂ©jĂ  dĂ©codĂ©s. Une radio logicielle (SDR) fait l’inverse : elle livre le signal brut numĂ©risĂ©, sous forme d’Ă©chantillons dits I/Q, et laisse l’ordinateur dĂ©cider de ce qu’il en fait. C’est ce qui a rendu cĂ©lèbres les clĂ©s TNT Ă  puce RTL, dĂ©tournĂ©es en rĂ©cepteurs universels.

Espargos a trouvĂ© dans l’ESP32 un chemin Ă©quivalent. Des registres de dĂ©bogage ordonnent au modem de dĂ©verser ses Ă©chantillons bruts dans la mĂ©moire vive de la puce, en court-circuitant tout le traitement Wi-Fi. Les auteurs supposent que les ingĂ©nieurs d’Espressif l’ont laissĂ© lĂ  pour tester les puces en usine.

Ce que la puce capte

  • Bande : 2,2 Ă  2,7 GHz ; 4,8 Ă  6,0 GHz sur le seul ESP32-C5.
  • DĂ©bit : jusqu’Ă  80 millions d’Ă©chantillons par seconde, pour une largeur de 13 Ă  54 MHz environ.
  • Puces : ESP32 d’origine, C3, C5, C6, C61, S2, S3 et S31.

La plage dĂ©passe celle du Wi-Fi : l’ESP32-C61 monte jusqu’Ă  2,7 GHz, oĂą logent des bandes de tĂ©lĂ©phonie 4G et 5G autour de 2,6 GHz. Capter n’est pas dĂ©coder : on voit l’occupation du spectre, pas le contenu des communications.

L’essai, sans rien installer

Espargos propose un test dans un navigateur de bureau compatible Web Serial. Les étapes, telles que décrites sur la page et non testées ici :

  1. Brancher la carte en USB et installer le micrologiciel ESP-SDR avec l’outil en ligne.
  2. Débrancher cinq secondes, rebrancher.
  3. Ouvrir ESP-WebSDR et choisir la carte : le spectre et son « chute d’eau », l’historique colorĂ© des signaux, s’affichent en direct.

Le micrologiciel d’origine de la carte est remplacé : il faudra le rĂ©installer ensuite.

Les limites

C’est un rĂ©cepteur, et Ă  temps partiel. La mĂ©moire de la puce se remplit en un instant Ă  ce dĂ©bit : les captures sont transmises par courtes rafales, pas en flux continu. Loin des 2,4 GHz, il n’y a rien Ă  voir. Ce n’est donc pas le remplaçant d’une clĂ© RTL-SDR pour Ă©couter la FM ou les avions.

DĂ©tail d’Ă©poque : pour comprendre la fonction cachĂ©e, l’Ă©quipe dit avoir dĂ©cortiquĂ© une routine de test d’Espressif avec l’aide de modèles de langage. Reste Ă  voir ce que la communautĂ© fera d’un analyseur de spectre 2,4 GHz au prix d’un sandwich.

En bref

  • Un mode de test non documentĂ© permet Ă  l’ESP32 de livrer des Ă©chantillons radio bruts (I/Q), sans matĂ©riel ajoutĂ©.
  • RĂ©ception de 2,2 Ă  2,7 GHz, et de 4,8 Ă  6,0 GHz sur l’ESP32-C5, jusqu’Ă  80 millions d’Ă©chantillons par seconde, par rafales.
  • Essai possible dans un navigateur compatible Web Serial, d’après Espargos ; procĂ©dure non testĂ©e par nos soins.

Sources : Espargos, ESP-SDR ; Hackaday (3 octobre 2026)