Switch 2 : les failles qu’un chercheur dit avoir exploitĂ©es avec Codex

Selon l’auteur de ns2jb, un ancien logiciel Switch et un service systĂšme vulnĂ©rable ont permis d’exĂ©cuter du code sur Switch 2, avec des limites prĂ©cises.
Dans un billet daté du 18 octobre 2026, Sammy Hajhamid décrit ns2jb, un jailbreak logiciel de la Switch 2 développé avec Codex. La chaßne décrite combine des erreurs de mémoire et une rupture de confiance entre services. Le résultat annoncé reste sans contrÎle du noyau ni installation permanente.
Codex avait un laboratoire, et un chercheur
Le dĂ©pĂŽt comprend un pilote sur ordinateur qui coordonne les opĂ©rations, vĂ©rifie leurs rĂ©sultats et interrompt la chaĂźne lorsqu’un contrĂŽle Ă©choue. Cette boucle d’essais compte autant que la production de code.
L’auteur rapporte environ deux semaines de travail et des choix de cibles humains. Il prĂ©cise que la consigne spectaculaire sous la photo du montage Ă©tait une plaisanterie.
SmileBASIC : quand un calcul déborde sur la mémoire
La piste du navigateur WebKit n’a pas abouti. Parmi ses protections figurait l’authentification des pointeurs : elle vĂ©rifie certaines adresses utilisĂ©es pour diriger l’exĂ©cution du programme, explique Arm.
L’entrĂ©e retenue est SmileBASIC, un logiciel de programmation de la premiĂšre Switch.
Selon l’auteur, Codex y a dĂ©couvert un dĂ©bordement d’entier sur 32 bits. Un entier informatique possĂšde une capacitĂ© limitĂ©e : au-delĂ , le rĂ©sultat peut revenir Ă une petite valeur, voire devenir nĂ©gatif. Un contrĂŽle fondĂ© sur ce rĂ©sultat peut alors autoriser une opĂ©ration qu’il devait refuser.
Dans SmileBASIC, cette erreur affectait la manipulation de tableaux et permettait de lire et modifier de la mĂ©moire hors des limites prĂ©vues. MITRE dĂ©crit cette famille d’erreurs et ses consĂ©quences possibles.
La rĂ©trocompatibilitĂ© explique l’intĂ©rĂȘt de cette cible. Switchbrew documente une architecture qui conserve une grande partie du code des anciens logiciels, accompagnĂ©e de modules d’adaptation. Une nouvelle console peut donc hĂ©riter des dĂ©fauts d’un ancien programme.
Le service des fichiers Ă©largit l’accĂšs
L’ouverture dans une application ne donne pas automatiquement les droits des services systĂšme. Pour franchir cette frontiĂšre, la chaĂźne vise ensuite fs, le composant chargĂ© des fichiers.
Le billet dĂ©crit une copie trop longue lors du traitement d’un chemin. C’est un dĂ©bordement de tampon : des donnĂ©es dĂ©bordent de l’espace rĂ©servĂ© et peuvent Ă©craser des informations voisines. Selon MITRE, les consĂ©quences vont du plantage Ă l’exĂ©cution de code non autorisĂ©.
Le pilote publiĂ© enchaĂźne ensuite l’acquisition de mĂ©moire de fs et le dĂ©marrage d’un auxiliaire natif. Cet accĂšs dĂ©passe donc le seul pĂ©rimĂštre de SmileBASIC.
Des signatures authentiques, un programme différent
Selon le chercheur, le chargeur vérifiait des informations signées, puis dépendait de fs pour recevoir les fichiers correspondants. Le service compromis pouvait conserver des métadonnées authentiques et livrer un exécutable substitué.
La faiblesse porte sur la correspondance entre les éléments vérifiés et les données utilisées ensuite.
L’analogie est celle d’un colis accompagnĂ© d’un certificat authentique, dont le contenu change chez l’intermĂ©diaire. ContrĂŽler le certificat ne suffit plus si cet intermĂ©diaire est aussi chargĂ© de garantir le contenu.
Le code publiĂ© matĂ©rialise cet Ă©change de rĂ©fĂ©rences entre systĂšmes de fichiers. Le pilote dĂ©marre ensuite un auxiliaire avec les permissions de ro. La dĂ©monstration finale vĂ©rifie l’exĂ©cution d’instructions modifiĂ©es dans fs, puis leur restauration.
Une démonstration précise, sans installation permanente
Le dépÎt indique SmileBASIC 4.4.9 et le logiciel systÚme 23.0.1. Il rapporte un essai physique réussi le 21 octobre 2026, au troisiÚme démarrage, aprÚs deux tentatives interrompues par les contrÎles de validation.
La dĂ©monstration exĂ©cute de petites fonctions natives dans fs, puis restaure les instructions. Elle n’installe ni firmware personnalisĂ© ni persistance.
Nintendo rĂ©pertorie la version 23.0.1, datĂ©e du 1er octobre 2026, mais sa note consultĂ©e ne documente pas de correction de cette chaĂźne. Les rĂ©sultats restent ceux rapportĂ©s par l’auteur et son dĂ©pĂŽt.
En bref
- Selon l’auteur, Codex a participĂ© Ă une recherche guidĂ©e pendant environ deux semaines.
- La chaßne combine corruption de mémoire et détournement de la confiance entre services.
- Le dépÎt décrit une démonstration temporaire, sensible au timing, sans firmware personnalisé.
Sources : billet technique de Sammy Hajhamid, documentation de ns2jb, code de la dĂ©monstration, et documents techniques liĂ©s dans le corps de l’article.
Le Bien Heureux · RĂ©daction Capibara · Jeudi 22 octobre 2026