Quid des NAS en 2026 ? Et Home Assistant lĂ -dedans ?
UGREEN prĂ©sente un boĂźtier Ă 1 799 dollars qui veut ĂȘtre le cerveau de la maison. Votre NAS Ă 700 euros en fait dĂ©jĂ lâessentiel, Home Assistant compris.

UGREEN a profitĂ© de lâIFA pour montrer autre chose quâun serveur de fichiers : le HomeAgent, un boĂźtier qui reprend le chĂąssis et le systĂšme de ses NAS, mais qui se prĂ©sente comme le cerveau de la maison connectĂ©e. Lâoccasion de poser la question qui intĂ©resse vraiment : Ă quoi sert un NAS en 2026, et est-ce quâil peut faire tourner Home Assistant ?
Ce que UGREEN a annoncé
Trois machines. Le HomeAgent HA100 embarque une puce Rockchip RK3588, seize gigaoctets de mĂ©moire et annonce vingt-six TOPS de calcul pour lâintelligence artificielle, avec un emplacement M.2 dĂ©diĂ© au stockage des modĂšles. Le HA100 Pro monte Ă deux cent cinq TOPS. Et au sommet, le MasterAgent MA100 embarque une carte NVIDIA Jetson Thor et cent vingt-huit gigaoctets de mĂ©moire, avec un discours qui parle de robots humanoĂŻdes.
Le tout tourne sous UGOS Pro, le systĂšme Linux maison dĂ©jĂ utilisĂ© par leurs NAS, avec un assistant vocal local baptisĂ© Uliya, adossĂ© au modĂšle ouvert Qwen3. Sur le papier : reconnaissance de personnes, de vĂ©hicules, dâanimaux et de colis sur les camĂ©ras, recherche dans les vidĂ©os par mots-clĂ©s, compatibilitĂ© Matter, et aucun abonnement obligatoire puisque tout est censĂ© se calculer Ă la maison.
Les chiffres qui doivent vous arrĂȘter
Mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf dollars pour le modĂšle dâentrĂ©e, ramenĂ©s Ă huit cent quatre-vingt-dix-neuf en prĂ©commande. Cinq mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pour le Pro, la moitiĂ© en prĂ©commande. Presque vingt mille pour le MA100, la moitiĂ© Ă©galement.
Un prix public exactement double du prix de lancement nâest pas une remise, câest une mĂ©thode. Ajoutez le reste : acompte de cinquante pour cent, campagne de financement participatif prĂ©vue fin octobre, et livraisons annoncĂ©es pour fin janvier 2027 pour la premiĂšre machine, fin juillet 2027 pour la derniĂšre. Autrement dit, vous avancez la moitiĂ© du prix dâun produit qui nâexiste pas encore, et vous portez le risque industriel Ă la place du fabricant.
Pendant ce temps, le NAS ordinaire
Comparez avec ce qui est en vente aujourdâhui. Le NASync DXP4800 Plus du mĂȘme fabricant tourne autour de sept cents euros : processeur Intel Pentium Gold Ă cinq cĆurs, huit gigaoctets de mĂ©moire extensibles Ă soixante-quatre, quatre baies plus deux emplacements M.2, une prise rĂ©seau Ă dix gigabits. Les tests saluent un systĂšme rĂ©actif et moderne, qui sait faire tourner des conteneurs Docker et des machines virtuelles.
Ils relĂšvent aussi ce qui manque : pas dâinstantanĂ©s Btrfs malgrĂ© la prise en charge du systĂšme de fichiers, pas de LUN iSCSI, pas de proxy inverse ni de serveur VPN intĂ©grĂ©s, et des traductions approximatives qui trahissent la jeunesse du logiciel. Câest un bon NAS qui nâa pas encore la maturitĂ© de ses concurrents.
Et Home Assistant, alors ?
Oui, ça marche, et câest mĂȘme la façon la plus raisonnable dâaborder la domotique sur ces machines. Home Assistant sâinstalle en conteneur Docker : le cĆur fonctionne, les appareils Matter en Wi-Fi se dĂ©clarent normalement, et le partage multi-administrateurs permet de garder les mĂȘmes objets dans Apple Home en parallĂšle.
Deux limites, prĂ©cises. La premiĂšre : les modules complĂ©mentaires officiels exigent Home Assistant OS et ne sâinstallent donc pas dans un conteneur. Il faut les remonter un par un sous forme de conteneurs sĂ©parĂ©s, ce qui est faisable mais demande dây passer une soirĂ©e. La seconde concerne le Thread : la mise en service des objets Ă©chouait tant que le NAS nâacceptait pas les options de route IPv6, et le rĂ©glage Linux habituel ne survit pas au redĂ©marrage sur ces machines. Il faut passer par un service systemd maison.
Lâalternative existe : installer Home Assistant OS dans une machine virtuelle. Plus gourmand en mĂ©moire, mais on retrouve tous les modules complĂ©mentaires et la mise Ă jour dâun seul bloc.
Alors, quel NAS en 2026 ?
La bonne question nâest pas le nombre de TOPS affichĂ© sur la boĂźte. Câest : la machine sait-elle faire tourner des conteneurs et une machine virtuelle sans se plaindre, et pourrez-vous la rĂ©parer, lâouvrir, changer ses disques ? Un NAS Ă sept cents euros qui hĂ©berge Home Assistant, votre serveur multimĂ©dia et vos sauvegardes fait dĂ©jĂ lâessentiel de ce quâon vous vend comme un cerveau domotique. Lâintelligence artificielle locale, elle, sâajoute quand elle sera mĂ»re, et de prĂ©fĂ©rence quand elle ne coĂ»tera plus le prix dâun ordinateur portable haut de gamme.
(Il y a une ironie Ă voir le mĂȘme fabricant vendre dâun cĂŽtĂ© la machine qui fait dĂ©jĂ le travail, et de lâautre la promesse de celle qui le fera peut-ĂȘtre en 2027 đ)
En bref
Le NAS de 2026 nâa pas besoin dâĂȘtre un cerveau : il a besoin dâĂȘtre un socle honnĂȘte, ouvert aux conteneurs. Home Assistant y tourne trĂšs bien, Ă condition dâaccepter une soirĂ©e de configuration.
Sources : Frandroid ; IT-Connect (annonce HomeAgent et test du DXP4800 Plus) ; carnet technique de Sergey Tihon sur Home Assistant et Matter en conteneur.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Vendredi 4 septembre 2026