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Le Bien Heureux · Belgique
L’essentiel geek, le temps d’une pause.
Vendredi 30 octobre 2026 Édition du matin NumĂ©ro LXV
Bien expliquĂ© · Entre deux cafĂ©s · ≈ 3 min de lecture

30 algorithmes de compression au banc d’essai, et aucun vainqueur

8 000 mesures sur 2,8 Go de fichiers variés. zpaq écrase le ratio, zstd et lz4 gagnent la vitesse, et personne ne gagne partout.

Disque dur ouvert laissant voir son plateau et son bras de lecture
© Eric Gaba · CC BY-SA 3.0

Compresser un fichier semble ĂȘtre un problĂšme rĂ©glĂ© depuis vingt ans. Il ne l’est pas du tout, et une sĂ©rie de mesures vient de le rappeler : 30 algorithmes ont Ă©tĂ© confrontĂ©s au mĂȘme corpus, avec prĂšs de 8 000 relevĂ©s Ă  la clĂ©. Aucun ne gagne partout.

Comment ça a été mesuré

Le corpus rassemble 252 fichiers pour 2,8 Go, répartis en 11 catégories : des tableaux de données, des images, des images disque, de la musique compressée, des documents, des poids de modÚles, de la vidéo, et les jeux de référence habituels du domaine. Le tout a été placé en mémoire vive pour que le disque ne fausse rien, et chaque algorithme a été mesuré trois fois, sur ses réglages minimum, moyen et maximum quand il en propose. Cumulé, le travail va de 1 h 30 en mode rapide à 16 h 30 en compression maximale.

Ce qui en ressort

Si l’on ne regarde que le taux de compression, un vĂ©tĂ©ran Ă©crase le peloton : zpaq arrive en tĂȘte dans 8 des 11 catĂ©gories, accompagnĂ© de BSC, d’un mode extrĂȘme de 7zip et de brotli. Si l’on remet la vitesse dans l’équation, le classement change du tout au tout et deux noms s’imposent, zstd et lz4, qui ne gagnent presque jamais sur le ratio mais restent utilisables sur des volumes rĂ©els. Entre les deux, tout est affaire de compromis.

Ce que ça change en pratique

Le bon rĂ©flexe n’est pas de chercher le meilleur algorithme, mais de savoir ce que l’on optimise. Une archive que l’on Ă©crit une fois et que l’on relira dans dix ans mĂ©rite qu’on lui consacre des heures de calcul. Un flux compressĂ© Ă  la volĂ©e entre deux serveurs n’a pas cette libertĂ©. Et sur des fichiers dĂ©jĂ  compressĂ©s, musique, vidĂ©o, images du web, tous les concurrents se retrouvent au coude Ă  coude autour de zĂ©ro gain : compresser un MP3 ne sert Ă  rien, quel que soit l’outil. (Ce qui n’empĂȘche personne de zipper un dossier de photos avant de l’envoyer, moi le premier ! 🙂)

Les limites de l’exercice

Elles sont annoncĂ©es par ceux qui ont fait les mesures, ce qui est dĂ©jĂ  un bon signe. Le test tourne sur une seule machine, un serveur Ă  24 cƓurs Xeon et 64 Go de RAM, et les algorithmes qui savent exploiter beaucoup de cƓurs y sont avantagĂ©s par rapport Ă  ce que donnerait un portable ordinaire. Le corpus, aussi variĂ© soit-il, reste un choix : d’autres fichiers donneraient d’autres classements. Enfin, mesurer un dĂ©bit sur un RAM disk Ă©carte volontairement le facteur qui domine souvent la vraie vie, Ă  savoir la lenteur du support de stockage. Ces rĂ©sultats disent ce que valent les algorithmes entre eux, pas ce que vous obtiendrez chez vous.

En bref

  • 30 algorithmes comparĂ©s sur 252 fichiers et 2,8 Go, avec prĂšs de 8 000 mesures.
  • Pour le taux de compression pur, zpaq domine dans 8 catĂ©gories sur 11.
  • Pour l’équilibre entre vitesse et gain, zstd et lz4 restent les valeurs sĂ»res.
  • Sur des fichiers dĂ©jĂ  compressĂ©s, aucun outil n’apporte de gain notable.
  • Le test tourne sur un serveur Ă  24 cƓurs, ce qui avantage les algorithmes parallĂšles.

Sources : comparatif publié par Next, jeux de test de référence du domaine.

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