30 algorithmes de compression au banc d’essai, et aucun vainqueur
8 000 mesures sur 2,8 Go de fichiers variés. zpaq écrase le ratio, zstd et lz4 gagnent la vitesse, et personne ne gagne partout.

Compresser un fichier semble être un problème réglé depuis vingt ans. Il ne l’est pas du tout, et une série de mesures vient de le rappeler : 30 algorithmes ont été confrontés au même corpus, avec près de 8 000 relevés à la clé. Aucun ne gagne partout.
Comment ça a été mesuré
Le corpus rassemble 252 fichiers pour 2,8 Go, répartis en 11 catégories : des tableaux de données, des images, des images disque, de la musique compressée, des documents, des poids de modèles, de la vidéo, et les jeux de référence habituels du domaine. Le tout a été placé en mémoire vive pour que le disque ne fausse rien, et chaque algorithme a été mesuré trois fois, sur ses réglages minimum, moyen et maximum quand il en propose. Cumulé, le travail va de 1 h 30 en mode rapide à 16 h 30 en compression maximale.
Ce qui en ressort
Si l’on ne regarde que le taux de compression, un vétéran écrase le peloton : zpaq arrive en tête dans 8 des 11 catégories, accompagné de BSC, d’un mode extrême de 7zip et de brotli. Si l’on remet la vitesse dans l’équation, le classement change du tout au tout et deux noms s’imposent, zstd et lz4, qui ne gagnent presque jamais sur le ratio mais restent utilisables sur des volumes réels. Entre les deux, tout est affaire de compromis.
Ce que ça change en pratique
Le bon réflexe n’est pas de chercher le meilleur algorithme, mais de savoir ce que l’on optimise. Une archive que l’on écrit une fois et que l’on relira dans dix ans mérite qu’on lui consacre des heures de calcul. Un flux compressé à la volée entre deux serveurs n’a pas cette liberté. Et sur des fichiers déjà compressés, musique, vidéo, images du web, tous les concurrents se retrouvent au coude à coude autour de zéro gain : compresser un MP3 ne sert à rien, quel que soit l’outil. (Ce qui n’empêche personne de zipper un dossier de photos avant de l’envoyer, moi le premier ! 🙂)
Les limites de l’exercice
Elles sont annoncées par ceux qui ont fait les mesures, ce qui est déjà un bon signe. Le test tourne sur une seule machine, un serveur à 24 cœurs Xeon et 64 Go de RAM, et les algorithmes qui savent exploiter beaucoup de cœurs y sont avantagés par rapport à ce que donnerait un portable ordinaire. Le corpus, aussi varié soit-il, reste un choix : d’autres fichiers donneraient d’autres classements. Enfin, mesurer un débit sur un RAM disk écarte volontairement le facteur qui domine souvent la vraie vie, à savoir la lenteur du support de stockage. Ces résultats disent ce que valent les algorithmes entre eux, pas ce que vous obtiendrez chez vous.
En bref
- 30 algorithmes comparés sur 252 fichiers et 2,8 Go, avec près de 8 000 mesures.
- Pour le taux de compression pur, zpaq domine dans 8 catégories sur 11.
- Pour l’équilibre entre vitesse et gain, zstd et lz4 restent les valeurs sûres.
- Sur des fichiers déjà compressés, aucun outil n’apporte de gain notable.
- Le test tourne sur un serveur à 24 cœurs, ce qui avantage les algorithmes parallèles.
Sources : comparatif publié par Next, jeux de test de référence du domaine.
Le Bien Heureux · Redaction Capibara · Mercredi 9 septembre 2026