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Le Bien Heureux · Belgique
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Vendredi 30 octobre 2026 Édition du matin NumĂ©ro LXV
Bien expliquĂ© · Pendant que vous dormiez · ≈ 3 min de lecture

La Suisse teste une porte de sortie hors de Microsoft 365

9 millions de francs pour 3 000 postes sous suite libre, quand les licences Microsoft coûtent 1,1 milliard par an. Un test, pas une bascule.

Facade du palais federal suisse eclairee de nuit, drapeaux sur la place
© Axel Tschentscher · CC BY-SA 4.0

9 millions de francs pour Ă©quiper 3 000 postes. C’est le budget de la premiĂšre phase d’un projet menĂ© par la Chancellerie fĂ©dĂ©rale suisse pour tester une sortie de Microsoft 365, avec une suite libre. À cĂŽtĂ©, l’administration dĂ©pense aujourd’hui 1,1 milliard de francs en licences Microsoft. Le rapport entre les deux chiffres rĂ©sume assez bien l’état du dossier.

Ce qui est testé

La suite retenue s’appelle openDesk, dĂ©veloppĂ©e en Allemagne par ZenDIS. Elle couvre l’essentiel de ce qu’un agent utilise dans une journĂ©e : Ă©dition de documents, courrier Ă©lectronique, agenda, contacts, tĂąches, stockage de fichiers, visioconfĂ©rence, messagerie instantanĂ©e, et la gestion des identitĂ©s et des accĂšs. La disponibilitĂ© est visĂ©e pour fin 2027, avec une phase suivante environ 15 mois plus tard. La cible reste modeste, moins de 10 % des 47 000 employĂ©s fĂ©dĂ©raux.

Le mot qui revient

SouverainetĂ©. Il ne s’agit pas d’économiser sur les licences, en tout cas pas d’abord : Ă  ce stade le projet coĂ»te de l’argent en plus, pas en moins. Il s’agit de vĂ©rifier qu’une administration peut travailler sans dĂ©pendre d’un fournisseur unique situĂ© sur un autre continent, et de disposer d’une porte de sortie si les conditions contractuelles ou les rĂšgles d’accĂšs aux donnĂ©es changent. Un test Ă  3 000 postes n’est pas une bascule, c’est une assurance.

Les réserves sont écrites noir sur blanc

Et c’est ce qui rend l’annonce crĂ©dible. Le projet ne remplacera pas Microsoft 365, il n’y aura pas de paritĂ© fonctionnelle, la compatibilitĂ© avec les formats de l’éditeur restera limitĂ©e, et l’infrastructure retenue est provisoire. Personne ne promet que les 47 000 agents basculeront. Une Ă©tude prĂ©alable avait d’ailleurs portĂ© sur 172 utilisateurs seulement, ce qui donne l’échelle rĂ©elle de l’expĂ©rience accumulĂ©e avant cette Ă©tape.

Ce qu’il faut en penser

Trois choses. D’abord, les projets de ce type ont un cimetiĂšre bien fourni : plusieurs grandes villes europĂ©ennes ont migrĂ© vers le libre puis fait marche arriĂšre, souvent pour des raisons de compatibilitĂ© de documents et de formation plutĂŽt que de technique pure. Ensuite, un calendrier qui court jusqu’à fin 2027 pour une premiĂšre disponibilitĂ©, dans un dossier informatique public, doit ĂȘtre lu comme une intention et non comme une date. Enfin, l’armĂ©e du pays accĂ©lĂšre de son cĂŽtĂ© vers une Ă©chĂ©ance en octobre 2026, en s’inspirant de l’Autriche passĂ©e Ă  LibreOffice : cela montre que le sujet avance, mais aussi que chaque entitĂ© avance dans son coin, ce qui est rarement le signe d’une stratĂ©gie unifiĂ©e. (Reste que voir une administration Ă©crire elle-mĂȘme que la paritĂ© fonctionnelle n’existera pas, ça change des communiquĂ©s habituels ! 🙂)

En bref

  • La Chancellerie fĂ©dĂ©rale teste openDesk, une suite libre allemande de ZenDIS, en remplacement partiel de Microsoft 365.
  • PremiĂšre phase : 9 millions de francs pour 3 000 postes, sur 47 000 employĂ©s fĂ©dĂ©raux.
  • L’administration dĂ©pense aujourd’hui 1,1 milliard de francs en licences Microsoft.
  • DisponibilitĂ© visĂ©e fin 2027, phase suivante environ 15 mois plus tard.
  • Le projet annonce lui-mĂȘme l’absence de paritĂ© fonctionnelle et une compatibilitĂ© limitĂ©e.
  • L’armĂ©e du pays vise de son cĂŽtĂ© une migration pour octobre 2026.

Sources : communications de la Chancellerie fédérale suisse, documentation du projet openDesk, The Register.

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