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Le Bien Heureux · Belgique Cinq parutions par jour
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Dimanche 13 septembre 2026 Édition du matin N° 18
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La Suisse teste une porte de sortie hors de Microsoft 365

9 millions de francs pour 3 000 postes sous suite libre, quand les licences Microsoft coûtent 1,1 milliard par an. Un test, pas une bascule.

Facade du palais federal suisse eclairee de nuit, drapeaux sur la place
© Axel Tschentscher · CC BY-SA 4.0

9 millions de francs pour équiper 3 000 postes. C’est le budget de la première phase d’un projet mené par la Chancellerie fédérale suisse pour tester une sortie de Microsoft 365, avec une suite libre. À côté, l’administration dépense aujourd’hui 1,1 milliard de francs en licences Microsoft. Le rapport entre les deux chiffres résume assez bien l’état du dossier.

Ce qui est testé

La suite retenue s’appelle openDesk, développée en Allemagne par ZenDIS. Elle couvre l’essentiel de ce qu’un agent utilise dans une journée : édition de documents, courrier électronique, agenda, contacts, tâches, stockage de fichiers, visioconférence, messagerie instantanée, et la gestion des identités et des accès. La disponibilité est visée pour fin 2027, avec une phase suivante environ 15 mois plus tard. La cible reste modeste, moins de 10 % des 47 000 employés fédéraux.

Le mot qui revient

Souveraineté. Il ne s’agit pas d’économiser sur les licences, en tout cas pas d’abord : à ce stade le projet coûte de l’argent en plus, pas en moins. Il s’agit de vérifier qu’une administration peut travailler sans dépendre d’un fournisseur unique situé sur un autre continent, et de disposer d’une porte de sortie si les conditions contractuelles ou les règles d’accès aux données changent. Un test à 3 000 postes n’est pas une bascule, c’est une assurance.

Les réserves sont écrites noir sur blanc

Et c’est ce qui rend l’annonce crédible. Le projet ne remplacera pas Microsoft 365, il n’y aura pas de parité fonctionnelle, la compatibilité avec les formats de l’éditeur restera limitée, et l’infrastructure retenue est provisoire. Personne ne promet que les 47 000 agents basculeront. Une étude préalable avait d’ailleurs porté sur 172 utilisateurs seulement, ce qui donne l’échelle réelle de l’expérience accumulée avant cette étape.

Ce qu’il faut en penser

Trois choses. D’abord, les projets de ce type ont un cimetière bien fourni : plusieurs grandes villes européennes ont migré vers le libre puis fait marche arrière, souvent pour des raisons de compatibilité de documents et de formation plutôt que de technique pure. Ensuite, un calendrier qui court jusqu’à fin 2027 pour une première disponibilité, dans un dossier informatique public, doit être lu comme une intention et non comme une date. Enfin, l’armée du pays accélère de son côté vers une échéance en octobre 2026, en s’inspirant de l’Autriche passée à LibreOffice : cela montre que le sujet avance, mais aussi que chaque entité avance dans son coin, ce qui est rarement le signe d’une stratégie unifiée. (Reste que voir une administration écrire elle-même que la parité fonctionnelle n’existera pas, ça change des communiqués habituels ! 🙂)

En bref

  • La Chancellerie fĂ©dĂ©rale teste openDesk, une suite libre allemande de ZenDIS, en remplacement partiel de Microsoft 365.
  • Première phase : 9 millions de francs pour 3 000 postes, sur 47 000 employĂ©s fĂ©dĂ©raux.
  • L’administration dĂ©pense aujourd’hui 1,1 milliard de francs en licences Microsoft.
  • DisponibilitĂ© visĂ©e fin 2027, phase suivante environ 15 mois plus tard.
  • Le projet annonce lui-mĂŞme l’absence de paritĂ© fonctionnelle et une compatibilitĂ© limitĂ©e.
  • L’armĂ©e du pays vise de son cĂ´tĂ© une migration pour octobre 2026.

Sources : communications de la Chancellerie fédérale suisse, documentation du projet openDesk, The Register.