It runs doom!!
GPT-5.6 Sol a conçu dans Turing Complete un processeur virtuel capable de lancer un port de Doom : une dĂ©monstration brillante, mais encore trĂšs loin dâun PC Ă acheter.
Depuis 1993, Doom est devenu le test officieux de toute machine qui ose prĂ©tendre ĂȘtre un ordinateur. La question « can it run Doom? » ne mesure pas vraiment la puissance : elle vĂ©rifie surtout si quelquâun a rĂ©ussi Ă faire entrer un moteur de jeu, un affichage et des commandes dans un appareil qui nâavait rien demandĂ©. Et, avec le temps, la dĂ©finition de « faire tourner » sâest parfois Ă©tirĂ©e comme un vieux cĂąble USB.

Du vrai moteur⊠ou un diaporama trÚs motivé ?
Le cas le plus parlant est DoomPaint, le projet de Mark Russinovich, directeur technique dâAzure. Le moteur original fonctionne rĂ©ellement, tandis que Paint sert de surface dâaffichage : les images sont envoyĂ©es dans le document comme une sorte de moniteur improbable. Le rĂ©sultat peut atteindre plusieurs dizaines dâimages par seconde selon la configuration, ce qui est nettement plus convaincant quâun simple GIF.

Les bactĂ©ries E. coli ont fourni lâexemple le plus dĂ©licieusement excessif. Elles ne calculent pas le jeu : des protĂ©ines fluorescentes les font agir comme des pixels dans un Ă©cran biologique de 32 Ă 48 points. Un seul cadre demande environ 70 minutes Ă sâallumer, puis plusieurs heures Ă revenir Ă lâĂ©tat initial. Techniquement, câest donc davantage un Ă©cran vivant quâun PC intestinal. Lâexploit reste remarquable ; le mode multijoueur attendra quelques siĂšcles.
Des écouteurs, une imprimante et une machine-outil

Les PineBuds Pro, des Ă©couteurs Ă firmware ouvert, disposent dâun processeur assez solide pour un port adaptĂ©. En poussant la puce Ă 300 MHz et en dĂ©sactivant les Ă©conomies dâĂ©nergie, le projet Doombuds atteint environ 18 images par seconde. On ne conseille pas de remplacer son casque audio par une console, mais au moins le matĂ©riel exĂ©cute bien le jeu.

Un contrĂŽleur de prĂ©presse Agfa vieux dâenviron quarante ans a lui aussi reçu un nouveau firmware, une sortie vidĂ©o et une sortie audio pour lancer Doom sur son Motorola 68020. Plus rĂ©cemment, une Prusa CORE One affiche E1M1 directement sur sa carte xBuddy : le bouton rotatif sert de commande, le buzzer produit les effets et les moteurs jouent la musique, Ă environ 7 images par seconde. Dans ces deux cas, on parle bien de calcul sur le matĂ©riel ciblĂ©, pas dâune vidĂ©o lue Ă cĂŽtĂ©.
Pourquoi toujours Doom ?
Le jeu dâid Software est ancien, documentĂ©, portable et relativement lĂ©ger. Son code source et ses nombreux ports permettent de tester une architecture, un Ă©cran ou un pĂ©riphĂ©rique sans Ă©crire un jeu complet. Câest devenu un rite de passage pour les bidouilleurs : lâintĂ©rĂȘt nâest pas de gagner la partie, mais de prouver que la machine peut afficher, calculer, stocker et rĂ©pondre aux commandes.
Sources et crĂ©dits : Tomâs Hardware â DoomPaint · Engadget â affichage bactĂ©rien · PC Gamer â Doombuds · Tomâs Hardware â contrĂŽleur Agfa · projet Prusa CORE One
En bref :
« It runs Doom » ne veut pas dire que lâappareil devient une console : parfois il calcule vraiment, parfois il sert seulement dâĂ©cran biologique ou de moniteur bricolĂ©. Mais tant quâil reste un objet improbable, un peu de code et beaucoup de mauvaise foi technique, quelquâun tentera encore de lui faire tirer sur un dĂ©mon!!
Le Bien Heureux · RĂ©daction Capibara · Vendredi 28 aoĂ»t 2026